Conflits d’intérêt : quid des CHU français ?

  • Guy-Coichard C & al.
  • PLoS ONE
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Le Formindep a établi une évaluation des politiques de prévention des conflits d’intérêts des CHU. Leur enquête, menée fin 2017, montre que près de la moitié des 32 CHU et CHRU français n’ont pas encore entamé de réflexion sur la question. À l’inverse, deux établissements sont particulièrement avancés sur le sujet, à savoir le CHU Toulouse et l’AP-HP. Il est à noter que, pour cinq aspects spécifiques, dont la participation des équipes médicales aux évènements promus par les laboratoires ou la publication d’essais cliniques menés à l’hôpital, aucun établissement n’avait encore envisagé de démarches.

Les auteurs de l’étude regrettent le retard global des CHU sur la question. Ils soulignent d’ailleurs que les pouvoirs publics n’ont engagé aucun travail incitant les établissements à travailler sur le sujet. Pourtant, parce qu’ils sont des lieux de recherche, d’enseignement et de soins, ils n’échappent pas aux stratégies marketing des entreprises de la santé et doivent mettre en place une solide politique permettant d’en limiter l’impact sur la pertinence et la qualité de prise en charge de leurs patients.

Vingt critères d’évaluation

Le Formindep a repris les principes méthodologiques qu’il a précédemment utilisés pour un travail similaire mené auprès des facultés de médecine. Il a utilisé une liste de vingt critères, concernant la gestion de cadeaux et avantages, l’accès de l’établissement aux représentants des entreprises pharmaceutiques, le financement de la recherche… Les réponses étaient relevées à partir du site Internet de l’établissement et auprès de l’établissement directement par sollicitations répétées. Chaque item a été coté selon la qualité de la politique mise en place par l’établissement (de 0 à 3 selon l’absence totale ou à l’inverse, l’existence d’une politique clairement établie et conforme aux exigences réglementaires et législatives en la matière).

Seuls 53,1% des établissements ont entamé une réflexion
Quinze des 32 CHU/CHRU n’ont entamé aucune réflexion concernant la prévention des conflits d’intérêt au sein de leur établissement et avaient, en conséquence un score égal à 0. Pour les autres, le score ne dépassait pas 24, sur un maximum de 60 points. Les 4 scores les plus élevés étaient compris entre 10 et 24 et concernaient le CHU de Toulouse, l’AP-HP, l’AP-HM et le CHU de Montpellier.

L’aspect pour lequel les politiques développées étaient les plus étoffées était celui de la gestion des cadeaux et avantages. À l’inverse, cinq paramètres n’avaient encore fait l’objet d’aucune réflexion, par aucun des 32 établissements : participation du personnel à des événements promotionnels financés par des entreprises, la formation continue parrainée par l’industrie, la pratique de rédacteur fantôme, la transparence des liens d’intérêts des orateurs et la question de la publication des résultats d’essais cliniques menés à l’hôpital. Il semble urgent d’accélérer ce mouvement.