PUBLICITÉ

Comportement dans l’enfance et revenus professionnels à l’âge adulte : tout se joue-t-il vraiment avant 6 ans ?

  • Vergunst F & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 1 juil. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles

À retenir

Une large étude populationnelle canadienne a évalué le comportement des enfants à la maternelle et a recherché une association avec le niveau de revenus des participants à l’âge de 33-35 ans. Les résultats indiquent que les troubles du comportement repérés à l’âge de 6 ans prédisent les revenus professionnels 30 ans plus tard, et ceci indépendamment du milieu socioprofessionnel des parents et du QI de l’enfant. En particulier, un déficit de l’attention a été associé à un moindre niveau de revenu annuel pour les deux sexes. Chez les garçons, la présence de comportements d’agressivité et d’opposition a été associée à des revenus plus faibles, alors qu’une plus grande sociabilité étaient au contraire associés à des revenus plus élevés. Les auteurs encouragent donc au repérage et à la prise en charge précoce de ces troubles afin de favoriser une évolution et une intégration professionnelle plus favorable des individus une fois à l’âge adulte.

 

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Des troubles du comportement durant l’enfance ont été associés à une intégration professionnelle plus difficile à l’âge adulte, avec des répercussions à la fois au niveau individuel et sociétal : recours plus fréquent à l’aide sociale, stress, troubles mentaux, et même mortalité prématurée. Des interventions précoces sont susceptibles d’impacter favorablement l’évolution des enfants concernés, alors que leur efficacité diminuent lorsqu’elles sont mises en place plus tard (au-delà de 10 ans), d’où l’intérêt des travaux menés par le centre de recherche du St Justine Hospitalde Montréal pour identifier précocement ces troubles afin d’en minimiser l’impact.

Méthodologie 

Les données de l’étude longitudinale Study of Kindergarten Childrenont été utilisées pour recueillir des informations concernant le comportement d’enfants de maternelle québécois et canadiens à l’âge de 5 ou 6 ans (troubles de l’attention, hyperactivité, agressivité physique, opposition, anxiété, socialisation repérés par les enseignants). Puis les informations concernant les revenus imposables de ces participants ont ensuite été colligées auprès de l’administration fiscale une trentaine d’années plus tard, alors que les participants avaient entre 33 et 35 ans.

Résultats 

  • L’analyse a porté sur 2850 participants d’âge moyen 35,9 ans. 51,6% d’entre eux étaient des hommes et 96,2% étaient d’origine caucasienne.
  • Le revenu moyen annuel en fin de suivi était de 33.300$ pour les hommes et de 19.400$ pour les femmes.
  • Tous les comportements étudiés, ainsi que le QI et le milieu socioprofessionnel des parents, ont pu être associés de façon significative aux revenus professionnels annuels en fin de suivi.
  • Après ajustement sur les deux derniers paramètres, une augmentation d’une unité du score d’inattention à 5 ou 6 ans était associée à une perte de revenu de 1271,49$ pour les hommes et de 924$ pour les femmes.
  • En ce qui ces comportements d’opposition et d’agressivité, une association avec des revenus inférieurs a également été observée de 699$, mais cette fois chez les hommes uniquement.
  • À l’inverse, une augmentation d’une unité du score de socialisation a pu être associée à des revenus plus élevés de 476,75$.

Limitations 

Il s’agit d’une étude d’association qui ne permet pas d’établir de lien de cause à effet.

De nombreux événement de vie peuvent avoir influé sur les revenus 30 ans plus tard.

PUBLICITÉ