Comparaison du risque cardiométabolique de 18 antipsychotiques

  • Pillinger T et al.
  • The Lancet Psychiatry
  • 17 déc. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette revue de la littérature suivie d’une méta-analyse en réseau montre que les effets métaboliques des antipsychotiques (changement de poids, IMC, taux de cholestérol, etc.) varient considérablement d’une molécule à une autre.
  • De ce point de vue, l’olanzapine et la clozapine affichent les plus mauvais résultats, tandis que l’aripiprazole, le brexpiprazole, la cariprazine, la lurasidone et la ziprasidone ont un impact moins important sur les différents marqueurs métaboliques.
  • Ces perturbations métaboliques sont plus fréquentes en présence de certains facteurs de risque comme un poids corporel plus élevé à l’inclusion, le sexe masculin, ou encore une origine non caucasienne.
  • Mais elles sont également associées à une amélioration des symptômes sur le plan psychiatrique, reflétant peut-être une meilleure observance. Des résultats à prendre en compte lors du choix d’un antipsychotique.

 

Les perturbations métaboliques associées aux traitements antipsychotiques sont fréquentes chez les patients schizophrènes et sont associées à un risque plus élevé de pathologies cardiovasculaires et de mortalité. Mais les déterminants de ces perturbations ont été peu étudiés : impact du choix de la molécule, facteurs prédictifs, relation entre efficacité sur les symptômes psychiatriques et perturbations métaboliques, etc. Une équipe britannique s’est emparée de ces questions et a recherché tous les essais ayant comparé des antipsychotiques à un placebo dans le cadre d’un traitement aigu de la schizophrénie, puis a utilisé ces données dans une méta-analyse en réseau.

Mesurer l’impact des antipsychotiques sur les paramètres métaboliques

Cent essais contrôlés randomisés représentant 25.952 patients (âge moyen de 35 ans, 57,5% d’hommes) ont ainsi été pris en compte. À partir de ces données, une méta-analyse en réseau a étudié l’évolution de différents paramètres métaboliques en lien avec le traitement pour 18 antipsychotiques : changement de poids, IMC, taux de cholestérol total, de LDL-c et HDL-c, de triglycérides et de glucose. Le lien entre sévérité des symptômes psychiatriques et évolution de ces paramètres métaboliques a également été investigué.

Des effets très variables d’une molécule à une autre

Sur une durée médiane de traitement de 6 semaines (de 2 à 13 semaines), la variation de poids allait de -0,23 kg [-0,83 à 0,36] pour l’halopéridol à 3,01 kg [1,78 à 4,24] pour la clozapine. Concernant l’IMC, l’impact était le plus faible avec l’halopéridol et le plus important sous olanzapine. L’augmentation des taux de cholestérol total était plus marquée sous quétiapine, olanzapine et clozapine, l’effet le plus important étant associé à cette dernière et le moins important à la cariprazine. Concernant le LDL-cholestérol, les taux étaient réduits sous cariprazine et augmentés sous quétiapine et olanzapine. Les taux de triglycérides augmentaient sous quétiapine, olanzapine, zotépine et clozapine, avec là encore l’effet le plus important pour cette dernière et un effet minimum pour le brexpiprazole. Enfin, la glycémie à jeun était réduite sous lurasidone et augmentée sous olanzapine, zotépine et clozapine (maximum pour cette dernière).

Quelques facteurs de risque identifiés

Les facteurs de risque associés à un effet plus important des antipsychotiques sur la glycémie à jeun étaient un poids plus important à l’inclusion et le sexe masculin, alors qu’une augmentation plus importante du cholestérol total sous antipsychotique était plus fréquemment retrouvée chez les sujets non caucasiens. Par ailleurs, une amélioration globale de la sévérité des symptômes était associée à une prise de poids plus importante et à une augmentation de l’IMC. Elle était également en lien avec une altération du cholestérol total, du LDL-cholestérol et du HDL-cholestérol.