Commentaire d’expert lors de l’ASCO 2018 : Traitement du CCR, plus de mal que de bien ? (Prodige 7)

  • 16 juil. 2018

  • Oncology news
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Christopher Lieu, docteur en médecine, est directeur du département d’oncologie médicale gastro-intestinale et directeur associé adjoint de la recherche clinique à la faculté de médecine de l’université du Colorado (University of Colorado), dans le service d’oncologie médicale.

  • « Cette année, l’ASCO nous a présenté de nombreux progrès fascinants. En ce qui concerne les cancers colorectaux, je souhaiterais brièvement mettre en avant un progrès qui a émergé de la présentation orale résumée sur les cancers colorectaux gastro-intestinaux et dont tous les oncologues devraient être informés. Ce n’est pas une revue exhaustive, mais je voudrais mettre en avant ce résumé en particulier.
  • Il s’agit du résumé d’une étude appelée Prodige 7, un essai de phase III concernant la chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP) dans la carcinomatose péritonéale d’origine colorectale. Dans le cadre de cette étude, tous les patients ont fait l’objet d’une chirurgie cytoréductive ou d’une résection chirurgicale de la tumeur péritonéale, puis ils ont été randomisés pour recevoir une chirurgie cytoréductive seule ou associée à une CHIP.
  • Au total, 265 patients ont été randomisés pour participer à cette étude, et la survie globale médiane était similaire dans les deux groupes : 41,2 mois dans le bras chirurgie cytoréductive seule et 41,7 mois dans le bras chirurgie cytoréductive et CHIP. À 60 jours, le taux de morbidité de grades 3, 4 et 5 était significativement plus élevé chez les patients faisant l’objet d’une CHIP, avec 24,1 % contre 13,6 %.
  • Cette étude démontre que l’ajout d’une CHIP à base d’oxaliplatine n’a aucun impact sur la survie globale. Cette étude crée la controverse, car on pensait jusqu’à maintenant que la CHIP pourrait être utile chez certains patients atteints d’un cancer colorectal avec métastases péritonéales et faisant l’objet d’une chirurgie cytoréductive. Cependant, ces données suggèrent que, dans une population sans aucune sélection, la CHIP n’offre aucun bénéfice de survie, mais génère une toxicité significative. Ces résultats pourraient modifier l’utilisation future de la CHIP dans cette population de patients. »

Des informations supplémentaires sont disponibles sur le site Internet de l’ASCO à l’adresse suivante : ASCO.org