Commentaire d’expert – Cancer de l’ovaire : les principales avancées de 2018


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Jonathan A. Lederman est professeur d’oncologie médicale à l’Institut de cancérologie de l’UCL (UCL Cancer Institute) et directeur du Centre de recherche sur le cancer au Royaume-Uni (Cancer Research UK) et du Centre des essais cliniques sur le cancer de l’UCL (UCL Cancer Trials Centre). Il est spécialisé dans la recherche sur les cancers gynécologiques et leur traitement, et a mené de nombreux essais cliniques nationaux et internationaux.

  • Le cancer de l’ovaire représente 3 % des décès liés au cancer chez la femme, ce qui fait de lui le cancer gynécologique présentant le taux de mortalité le plus élevé. Le taux de survie à cinq ans pour tous les stades se situe autour de 45 %, et le cancer de l’ovaire en rechute est incurable. La résistance au platine est un facteur déterminant majeur du pronostic.
  • Depuis plusieurs dizaines d’années, le traitement du cancer de l’ovaire implique la chimiothérapie. Cependant, l’introduction des inhibiteurs de la PARP (iPARP) a révolutionné le traitement de ce cancer.
  • Un traitement d’entretien à base d’olaparib, un iPARP, a permis de prolonger la survie sans progression (SSP), comparativement à un placebo, chez les patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire avec mutation du gène BRCA récidivant et sensible au platine.
  • Plus récemment, trois essais de phase III (SOLO 2, NOVA et ARIEL 3) ont démontré des améliorations intéressantes de la SSP avec les iPARP olaparib, niraparib et rucaparib en traitement d’entretien, chez des patientes ayant obtenu une réponse complète ou partielle à un traitement à base de platine.
  • Depuis la mise sur le marché de l’olaparib, l’évaluation du statut germinal du gène BRCA fait partie du traitement de référence en Europe. Cependant, les résultats des essais NOVA et ARIEL 3, ainsi qu’une indication plus large pour ces trois agents quel que soit le statut du gène BRCA ou HRD, suggèrent que l’importance de la mutation du gène BRCA en tant que marqueur prédictif pour le traitement par iPARP diminue, bien que le gène BRCA demeure le marqueur le plus important de l’efficacité du traitement.
  • Très prochainement, nous prévoyons d’avoir accès aux résultats de deux essais de phase III randomisés contrôlés par placebo (PRIMA et SOLO 1), qui évaluent un traitement d’entretien par iPARP en monothérapie, chez des patientes ayant obtenu une réponse complète ou partielle à un traitement à base de platine. Deux autres essais de phase III randomisés (ARIEL 4 et SOLO 3) visent à comparer les iPARP à la chimiothérapie dans un contexte de traitement plutôt que d’entretien.
  • D’autres stratégies sont en cours d’évaluation, telles que l’association des iPARP avec la radiothérapie (étant donné que les iPARP augmentent l’instabilité génomique), des agents anti-angiogéniques (l’hypoxie peut améliorer l’efficacité des iPARP) et même l’immunothérapie anticancéreuse (le cancer de l’ovaire est fortement immunogène).
  • La question que nous devons nous poser à propos du cancer de l’ovaire récidivant est la suivante : devons-nous le traiter par iPARP, chimiothérapie, ou une combinaison des deux traitements ?
  • La chimiothérapie demeure un élément essentiel du traitement, mais les iPARP font désormais partie intégrante de la prise en charge.
  • Un iPARP en monothérapie permet d’obtenir des résultats similaires à la chimiothérapie avec un traitement d’entretien par iPARP dans le cadre du cancer de l’ovaire avec mutation du gène BRCA. Un essai en cours, GYN004, pourrait nous dire si un iPARP peut remplacer la chimiothérapie. Un autre essai, QUADRA, révèle que d’autres études comparant les iPARP à la chimiothérapie sont nécessaires, notamment auprès de patientes auxquelles les traitements à base de platine ne conviennent pas.
  • La question cruciale, et ouverte, qui se pose désormais est la suivante : que ferons-nous des iPARP dans les lignes de traitement ultérieures si nous les utilisons de plus en plus en première intention ? Les études d’association avec l’immunothérapie et des médicaments anti-angiogéniques pourraient représenter l’avenir, notamment dans les cas où les médicaments de chimiothérapie sont les moins efficaces.