Comment repérer les patients en phase précoce de la maladie d’Alzheimer ?

  • Epelbaum S & al.
  • BMJ Open
  • 24 juin 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’analyse de deux bases de données françaises, le nombre de patients ayant reçu un diagnostic de maladie d’Alzheimer (MA) confirmé par les marqueurs biologiques du liquide céphalorachidien (LCR) à un stade clinique prodromal ou de déficit cognitif léger est faible (1,3% des cas).
  • Une amélioration des procédures diagnostiques doit être recherchée afin qu’un nombre plus important de patients en stade précoce de la maladie puisse y avoir accès.
  • Les registres nationaux et des centres mémoires peuvent constituer de bons outils pour suivre et améliorer ces procédures, et pour repérer les patients disposant d’un diagnostic de MA débutante éligibles à un traitement modificateur de la maladie dès celui-ci sera disponible.

 

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

La plupart des essais en cours évaluant des traitements susceptibles de freiner la maladie d’Alzheimer sont testés au stade prodromal ou précoce et certains montrent des résultats encourageants. Mais comment repérer à plus grande échelle les patients susceptibles de bénéficier de ces futurs traitements ? En s’appuyant sur la banque nationale Alzheimer (BNA) créée en 2009 dans le cadre du plan Alzheimer et sur les données de 11 Centres de mémoire, de recherche et de ressources (CMRR), des chercheurs français ont voulu savoir si il était possible de repérer les patients aux stades prodromaux et précoces de la maladie d’Alzheimer susceptibles d’être éligibles à des essais cliniques sur de futurs traitements modificateurs de la maladie.

Deux bases de données françaises analysées

À partir des registres de la base de données des CMRR de 2014, l’étude a inclus des patients âgés de 50 à 85 ans disposant d’un diagnostic de maladie d’Alzheimer selon les critères de l’IWG-2 (International Working Group(IWG) for New Research Criteria for the Diagnosis of Alzheimer’s Disease) et avec un rapport des marqueurs biologiques du LCR (tau phosphorylée/Ab42) >0,11. Ils étaient classés en MA précoce si leur score MMSE était >20. Ceux qui étaient atteints d’autres types de démences ou de démences mixtes étaient exclus.

La base de données BNA, représentant 83,6% des centres mémoires et 90 neurologues privés, a servi à évaluer sur la même période le nombre de MA et de troubles cognitifs légers diagnostiqués par la clinique, avec un MMSE ≥20. Cette base a servi de validation externe.

Peu de patients diagnostiqués au stade précoce

Sur les 14.596 patients ayant bénéficié d’une évaluation cognitive au sein de l’un des 11 CMRR, 8,3% ont eu une confirmation diagnostique par les biomarqueurs du LCR.  Et parmi ces derniers, 16,1% ont reçu un diagnostic de MA précoce selon les critères de l’IWG-2 (68,2% pour un déficit cognitif léger et 31,8% pour un stade prodromal), soit 1,3% de l’ensemble des patients. 

Par ailleurs, 550.198 patients de la BNA ont réalisé une évaluation cognitive au cours des 5 années entre 2014 et 2018. Et parmi eux, 72.174 (13%) ont reçu un diagnostic de MA avec un MMSE ≥20. En tenant compte de l’incertitude diagnostique, il a été estimé que 50.000 présentaient des signes cliniques compatibles avec un stade prodromal ou un déficit cognitif léger.

Limites

Nature rétrospective de l’étude réalisée à partir de données de registres.

Les données donnent une bonne représentation au niveau national, mais les résultats ne peuvent être étendus à d’autres pays.

Financement

Travaux financés par les laboratoires Eli Lilly.