Comment réduire le délai diagnostique de l’hépatite C aiguë chez les sujets sous prophylaxie pré-exposition ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Principaux messages

  • Selon les données de l’étude ANRS IPERGAY PrEP, l’incidence de l’infection aiguë par le VHC est élevée parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH) à risque d’infection par le VIH.
  • Le risque est lié à une fréquence des rapports, un nombre de partenaires et une consommation de drogues dans le cadre sexuel qui sont accrus.
  • Le dépistage précoce de l’infection par le VHC pourrait être facilité par l’utilisation du dosage des antigènes VHC et des tests ARN.

 

Outre la consommation de drogues, certaines pratiques sexuelles non protégées peuvent accroître le risque d’infection par le virus de l’hépatite C (VHC) chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). À l’heure où la prescription de la prophylaxie pré-exposition (PrEP) s’élargit parmi les HSH à haut risque, la surveillance du risque d’infection par le VHC reste donc un enjeu.

Les investigateurs de l’étude ANRS IPERGAY PrEP, qui a démontré l’efficacité de la PrEP dans cette population, se sont penchés sur les cas d’hépatite C aiguë diagnostiqués durant le suivi afin de disposer de données permettant d’améliorer leur repérage précoce.

Ainsi, ils ont étudié les caractéristiques des 14 patients qui, parmi les 429 participants, avaient été diagnostiqués pour une infection aiguë par le VHC durant le suivi médian d’environ 2 ans (incidence 1,40 pour 100 personnes-années). Ils ont ainsi observé que ces personnes avaient déclaré à l’inclusion un nombre supérieur de partenaires et de relations sexuelles que les autres (respectivement 17 versus 8 partenaires durant les 2 derniers mois et 18 versus 10 rapports dans les 4 dernières semaines). De la même façon, ils utilisaient plus fréquemment des drogues dans le cadre de l’acte sexuel (57 vs 11%), notamment le GHB (acide gamma-hydroxybutyrique) et le GBL (gamma-butyrolactone).

En analysant les données des échantillons sanguins prélevés dans les semaines ayant précédé le diagnostic du VHC par recherche d’anticorps, la recherche d’antigènes par immuno-essai et la recherche d’ARN plasmatique sont apparus comme ayant une sensibilité très élevée, dans les 2 mois précédant l’apparition des anticorps, alors que les enzymes hépatiques (ALT) n’étaient pas encore anormalement élevées pour la majeure partie des patients.

Les auteurs de ce travail suggèrent donc à la fois l’utilisation de ces deux tests de dépistage en routine, ainsi que le repérage précoce des sujets dont le comportement accroît le risque de contamination par le VHC dans le cadre de l’instauration du traitement par PrEP.