Comment prenez-vous en charge l’hyperactivité vésicale ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Une enquête de pratique transversale, menée auprès de médecins généralistes et de gynécologues français, montre que les seconds sont plus à l’aise pour aborder le sujet que les premiers. Le premier des traitements proposés est la thérapie comportementale, le recours aux traitements médicamenteux étant moins fréquent et plus volontiers proposé aux femmes. Les deux familles de professionnels ont exprimé le souhait de disposer de recommandations et d’outils pour les accompagner dans la prise en charge de leurs patients.

 

L’hyperactivité vésicale (HAV) est un syndrome clinique caractérisé par des urgenturies, avec ou sans incontinence urinaire, et souvent accompagnées d’épisodes de nycturie et de pollakiurie (plus de 8 mictions/j en moyenne). Si une récente enquête a montré que 7 millions de français seraient concernés, moins d’un tiers a consulté et moins de 300.000 sont traités (par traitement pharmacologique ou non). La connaissance de la HAV par les médecins non urologues est importante pour améliorer les chiffres de cette atteinte dont les conséquences sont importantes pour la qualité de vie.

Des généralistes plus réticents à aborder le sujet

Cette enquête a été envoyée par la poste et 262 médecins français y ont répondu dont 181 médecins généralistes (MG 57,4 ans en moyenne et 91,1% d’hommes) et 81 gynécologues (58 ans en moyenne et 61,7% de femmes). En moyenne, les gynécologues abordaient souvent ou parfois la question avec leurs patientes de façon plus fréquente que les MG (au total avec 95% et 99% de leurs patientes de moins ou plus de 55 ans, contre 63% et 90% de celles-ci pour les MG). Les MG abordaient aussi plus souvent le sujet avec les hommes âgés (88% des plus de 55 ans contre 56% pour les plus jeunes).

Outils et démarche diagnostiques

Concernant le diagnostic, il était posé par réalisation ou prescription d’examens dans 98,5% des cas : anamnèse, ECBU et/ou un examen clinique chez les MG (67,4%, 64,1% et 55,2%), examen gynécologique, anamnèse et/ou bilan urodynamique chez les gynécologues (86,4%, 82,7%, 64,2%). Les questionnaires spécifiques et calendrier mictionnel étaient utilisés de façon inconstante. La recherche d’un diagnostic différentiel était en revanche plus fréquent : infection urinaire (entre 82% et 88% des médecins), prolapsus génital (entre 74% et 79,0%), tumeur pelvienne (entre 51% et 53%). En cas de suspicion d’HAV, les MG adressaient plus volontiers leurs patients à un urologue (70,4%), la moitié des gynécologues (43,6%) adressant leurs patientes à d’autres spécialistes pour un bilan urodynamique.

Diversité de traitement

La prise en charge de l’HAV chez les femmes de moins de 55 ans reposait sur la thérapie comportementale et la rééducation périnéale chez plus d’un médecin (MG ou gynécologue) sur 10 les médicaments étant envisagés par un médecin sur deux environ et les mesures hygiéno-diététiques dans 4 cas sur 10 par les deux groupes de professionnels. Chez les femmes de plus de 55 ans, la première approche était la thérapie comportementale (plus de 95%) et les médicaments (environ 4 sur 5), devant la rééducation périnéale (environ la moitié) et les mesures hygiéno-diététiques (environ 1 sur 3). Chez les hommes, quel que soit l’âge, la stratégie reposait en priorité sur une thérapie comportementale puis sur les médicaments.

Les principaux signaux d'appel d'une HAV cités par les MG comme par les gynécologues étaient principalement l'urgenturie et la polliakurie, l'incontinence, la nycturie et la dysurie étant moins souvent citées.

Plus de la moitié des médecins était en attente d’outils d’aide à la stratégie thérapeutique, d’aide au diagnostic et de recommandations de bonnes pratiques ou d’aide à l’évaluation des symptômes.