Comment prédire une insuffisance rénale aiguë chez les sujets devant subir une angiographie coronaire

  • Dodson JA & al.
  • Am J Med
  • 3 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Parmi 11 facteurs de risque permettant d’identifier les patients de 75 ans et plus à risque d’insuffisance rénale aiguë (IRa) post angiographie coronaire, les plus prédictifs sont l’insuffisance cardiaque, l’IMC ≥30 et l’origine non caucasienne. Par ailleurs, l’IRa est associée de manière indépendante à la mortalité à 6 mois. 

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’insuffisance rénale aiguë est fréquente chez les patients en post-angioplastie pour syndrome coronarien aigu (SCA). En revanche, il existe toute une cohorte de facteurs liés à l’âge qui peuvent interférer. Dans les pays développés, avec le vieillissement des populations l’incidence des SCA chez les sujets âgés et de l’IRa post-angioplastie pourraient bien augmenter. La survenue d’une insuffisance rénale aiguë est associée à une augmentation des risques de complications, une diminution de l’espérance de vie et une augmentation des coûts de prise en charge. Ainsi, l’identification de plusieurs facteurs prédictifs d’une IRa dans ce contexte est important pour mettre en place des mesures préventives et/ou des choix spécifiques de prise en charge.

Méthodologie

Cette étude est basée sur l’analyse des données de 2.212 patients de 75 ans et plus ayant participé à l’étude SILVER-AMI et ayant subi une angioplastie. L’IRa a été définie pour l’étude selon les critères KDIGO (augmentation de la créatininémie ≥0,3 mg/dL depuis l’inclusion ou augmentation ≥1,5 fois la valeur basale). 

Principaux résultats

À l’inclusion, l’âge moyen de la cohorte était de 81,3 ans, 45% des sujets étaient des femmes, un peu plus de la moitié (53%) avaient une coronaropathie identifiée, et un tiers avaient un SCA sans surélévation du segment ST (STEMI).

  • 19% des patients ont eu une insuffisance rénale aiguë (stade 1 pour 88,4%, stade 2 pour 7,6% et stade 3 pour 4,0%).
  • Globalement les patients qui ont développé une IRa dans ces conditions étaient plus susceptibles d’avoir des comorbidités (insuffisance cardiaque (30% vs 14%), diabète (48% vs 13%), fibrillation atriale (15% vs 9%) ou une pathologie pulmonaire (17,8% vs 13%).
  • Concernant les paramètres biologiques, la clairance à la créatinine à l’inclusion était significativement plus faible chez ceux qui avaient développé une IRa (5,41 vs 59,6) ainsi que l’hémoglobine (12,3 md/dL vs 13,2 mg/dL).
  • Après ajustement multiple, 11 facteurs de risque indépendants ont été associés à une IRa. Les facteurs prédictifs les plus forts étaient l’insuffisance cardiaque (+91% de risque), un IMC ≥30 vs 18-25 (+75%), l’origine ethnique non caucasienne (+65%). Quant au faible taux initial d’hémoglobine il n’augmentait le risque d’IRa que de 16%.
  • Aucune des caractéristiques liées à l’âge n’a été retenue après ajustement multiple. 
  • À 6 mois, l’insuffisance rénale aiguë était associée à la mortalité et la réhospitalisation. Seule l’association à la mortalité persistait après ajustement sur l’âge, le sexe, les comorbidités, les caractéristiques patients, la revascularisation et la durée du séjour.