Comment prédire l’aptitude à la conduite chez les patients parkinsoniens ?

  • Lloyd K & al.
  • Age Ageing
  • 30 juin 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude britannique a analysé les caractéristiques de patients parkinsoniens dont les aptitudes à la conduite avaient été évaluées dans un centre spécialisé.
  • Elle montre que les troubles cognitifs, évalués par le test RBD (Rookwood Driving Battery), constituent un facteur essentiel capable de prédire l’inaptitude à la conduite et appelle à la mise en place de tests multidomaines pour évaluer cette aptitude.
  • Des études prospectives de plus grande ampleur sont maintenant attendues pour mieux comprendre les déterminants de cette aptitude et déterminer des seuils au-delà desquels il serait jugé difficile de conduire un véhicule en sécurité. 

 

L’évolution de la maladie de Parkinson est susceptible d’altérer les capacités physiques, mais aussi cognitives et visuelles des patients, et donc l’aptitude à conduire un véhicule. En France, la loi n’interdit pas la conduite automobile à ces patients, préservant ainsi l’autonomie et la vie sociale. Il leur est juste conseillé de tenir compte de l’avis du neurologue ou du médecin généraliste. Mais aucun consensus n’existe sur des indicateurs fiables de l’aptitude ou de l’inaptitude à la conduite automobile qui pourrait guider la décision médicale. Une équipe britannique s’est attachée à décrire les caractéristiques de sujets parkinsoniens de façon à essayer de dégager des facteurs prédictifs des résultats aux tests de conduite.

Méthodologie et population étudiée

L’étude a porté sur 86 sujets dont l’aptitude à la conduite avait été évaluée au sein d’un centre spécialisé. Ils avaient 70 ans d’âge moyen, la plupart étaient des hommes (86%), conducteurs confirmés, et leur maladie évoluait depuis 7 ans (durée médiane). Suite aux tests en centre, 63% des patients ont été jugés inaptes à la conduite.

Résultats

En analyse univariée, les facteurs prédictifs de l’inaptitude à la conduite après les tests en centre spécialisé étaient : des scores plus élevés au test RBD (Rookwood Driving Battery, test évaluant les capacités cognitives et réalisé hors route pour prédire l’aptitude à la conduite), un déficit de la profondeur du champ de vision, des distances de conduite habituelles courtes, un âge plus avancé, la durée depuis l’obtention du permis de conduire et des temps de réponse plus longs étaient des facteurs prédictifs du résultats au test d’aptitude à la conduit.

La sélection par optimisation des variables en approche arrière indiquait que le score global au test RDB était le facteur qui avait le poids prédictif le plus fort d’un échec au test de conduite, avec un odds ratio de 1,29 [1,05-1,60]. Ainsi, chaque augmentation de 1 point du score RDB augmentait la probabilité d’être déclaré inapte à la conduite de 45%.

Limites

Collecte rétrospective des données et données non standardisées.