Comment mieux diagnostiquer les troubles cardiaques liés aux exacerbations de BPCO ?

  • Shafuddin E & al.
  • Intern Med J
  • 15 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Selon une étude d’association menée auprès de deux cohortes prospectives de sujets présentant une exacerbation de BPCO, les anomalies identifiées à l’ECG ou à la radiographie sont fréquentes et ne permettent pas de confirmer ou d’écarter la présence d’un trouble cardiaque lié à la pathologie respiratoire présupposé par des taux de NT-proBNP ou de troponine T élevés. Ces anomalies étaient fréquemment retrouvées chez les sujets présentant des taux normaux de biomarqueurs cardiaques. Ainsi, aucun des troubles diagnostiqués - tachycardie, tachycardie sinusale, fibrillation atriale /flutter, bloc de branche droit, anomalies ischémiques, hypertrophie ventriculaire droite ou gauche ou cardiomégalie- n’était associé à une spécificité ou sensibilité suffisante, ni à une valeur prédictive positive ou négative acceptable pour permettre de prédire un trouble cardiaque. Cette étude souligne la difficulté à interpréter les examens dans un contexte d’exacerbation.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Si les pathologies cardiaques sont fréquentes chez les patients souffrant de BPCO, les troubles cardiaques liés aux exacerbations de la maladie respiratoire ne sont pas rares. De fait, ces derniers peuvent être difficiles à diagnostiquer. Il était intéressant de voir dans quelle mesure les anomalies repérées à l’ECG ou à la radiographie permettaient d’affiner le diagnostic.

Méthodologie

L’analyse a été menée à partir de deux cohortes prospectives (2006-2007 et 2012-2013) de patients hospitalisés pour une première exacerbation de BPCO. Ils ne devaient présenter ni une autre pathologie respiratoire, ni insuffisance cardiaque ou SCA. Les données du bilan sanguin (NT-proBNP et troponine T), de l’ECG et de la radiographie pulmonaire ont été recueillis. Celles des deux derniers examens ont été analysées par des spécialistes qui ignoraient le profil sociodémographique et clinique des patients ainsi que le résultat du bilan biologique.

Principaux résultats

  • Les données de 423 sujets ont été collectées, dont 389 et 350 avaient respectivement bénéficié d’un ECG et d’une radiographie pulmonaire : 55% étaient des femmes, l’âge moyen était de 71 ans. La cohorte comportait 2% de sujets n’ayant jamais fumé. Au total, 24% des sujets présentaient un taux de NT-proBNP élevé (>220 pmol/L) et 14% un taux de troponine T élevé (défini par une valeur >0.03 μg/L pour la première cohorte et troponine T hs >50 ng/L pour la seconde).

  • Des valeurs élevées de NT-proBNP étaient associées à une FA (22% vs 6%), une hypertrophie ventriculaire droite (24% vs 15%) ou gauche (15% vs 4%), une ischémie. (59% vs 33%) ou une cardiomégalie (42% vs 20%) tandis que celles de troponine T étaient associées à une tachycardie (65% vs 41%),une hypertrophie ventriculaire droite (26% vs 15%) ou une ischémie (60% vs 36%).

  • Les anomalies identifiées sur l’ECG ou à la radiographie n’apparaissaient pas associées à une spécificité ou sensibilité suffisante pour permettre l’identification des troubles cardiaques aigus qu’indiquaient les valeurs de  NT-proBNP ou de troponine T.

Principales limitations

  • Tous les patients des deux cohortes n’ont pas systématiquement bénéficié des deux types d’examens.

  • Les données de ces deux examens avant la première exacerbation auraient été utiles pour interpréter les résultats.