Comment le VIH s’intègre-t-il au génome sans se faire repérer...


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages-clés

  • Les ARN du non-soi sont normalement ciblés par l’immunité innée

  • Les ARN du soi sont protégés par une méthylation via l’enzyme FTSJ3

  • L’ARN du VIH détourne FTSJ3 pour échapper à l’activité de l’immunité innée


 

Dans les conditions habituelles, l’ARN viral est reconnu dans le cytoplasme des cellules infectées par des hélicases cytoplasmiques (RIG-1, Mda5) qui stimulent la production d’IFN alpha et bêta dont l’activité limite la réplication virale. Ce mécanisme permet à l’immunité innée de cibler les ARN étrangers. Or, ce mécanisme est inefficient contre le VIH dont l’ARN, de fait, peut être transcrit en ADN puis intégré dans le génome de l’hôte. La revue Nature publie les travaux d’une équipe de chercheurs français laissant entrevoir les mécanismes sous-jacents.

Ils reposeraient sur la capacité pour l’ARN du VIH à détourner la machinerie cellulaire qui permet à l’immunité innée de repérer habituellement les ARN du soi. En effet, les chercheurs ont pu décrire que la méthylation des ARN est importante dans la distinction du soi et du non soi par l’immunité innée. Assurée par l’enzyme FTSJ3, la méthylation habituellement réservée aux seuls ARN endogènes, est ici recrutée par le VIH pour modifier son propre ARN.

À l’inverse, lorsque les chercheurs ont mis des cellules n’exprimant pas FTSJ3 (méthode CRISPR – Cas9) en présence de particules virales, le niveau d’expression de l’IFN-α et de l’IFN-β était multiplié par plus de 20 et 50 respectivement, par rapport à des cellules non modifiées.

Les expérimentations complémentaires des chercheurs ont confirmé que réduire la méthylation de l’ARN du VIH était associée à une activation de l’immunité innée. Ce résultat ouvre la voie à de nouvelles perspectives dans le combat contre le VIH. Inhiber l’activité de l’enzyme FTSJ3 pourrait offrir le moyen d’éradiquer le virus par le biais de l’immunité innée.