Comment la perception du risque d’infection VIH influence-t-elle l’usage de la PrEP et des préservatifs ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • La plupart des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) à risque d’infection et ayant participé à l’étude IPERGAY estimaient avoir un faible risque d’infection par le VIH, directement corrélé à plusieurs traits de comportement de sexualité.
  • Si la perception d’un risque élevé était corrélée à une forte observance de la Prophylaxie pré-exposition (PrEP), elle était au contraire associée à une faible utilisation du préservatif.

L’efficacité de la PrEP est directement corrélée à son observance. Or, cette dernière peut varier selon le risque perçu d’infection par la personne exposée. Une analyse tirée des données de l’étude IPERGAY, ayant démontré l’efficacité de la PrEP à la demande parmi les HSH à risque d’infection, a justement cherché à étudier dans quelle mesure le comportement sexuel était évalué comme étant ou non à risque par les participants et comment ceci se traduisait sur l’observance au traitement, ainsi que sur l’usage du préservatif.

Dans ce travail, les participants ont rempli régulièrement des questionnaires concernant leurs caractéristiques sociodémographiques, leurs consommations et leur comportement. Les 361 participants à l’étude (âge moyen 37 ans, 41,4% ayant un partenaire régulier, 44,1% utilisant des drogues récréatives) ont ainsi pu être regroupés en trois groupes à risque perçu d’infection faible (62,3%), modéré (30,5%) et élevé (7,2%). Par ailleurs, 69,2% des participants se disaient systématiquement observants (30,8% de façon non systématique) et 39,1% se disaient forts utilisateurs de préservatifs.

Ceux qui se percevaient à haut risque avaient un nombre moyen de partenaires plus élevé et utilisaient plus souvent des drogues récréatives au cours des 12 derniers mois. À l’inverse, ceux qui se percevaient comme à faible risque avaient plus souvent un partenaire régulier que les autres. Ces trois relations ont été confirmées par l’analyse multivariée, qui a également décrit l’association entre la consommation d’alcool ou les relations sexuelles anales passives et le risque perçu.

L’étude a permis d’observer que si la proportion des HSH ayant une bonne observance de la PrEP augmentait avec la perception du risque d’infection, une relation inverse liait l’utilisation des préservatifs à la perception du risque.

Les auteurs suggèrent que le nombre élevé de patients se percevant à faible risque s’explique probablement par la médiatisation simultanée de l’efficacité de la PrEP. Mais ils soulignent aussi le contraste entre le risque perçu et l’usage du préservatif ou de la PrEP. L’ensemble de ces données doit, selon eux, permettre de proposer des interventions ciblées qui viseront à améliorer la perception réelle du risque et une meilleure prévention des comportements à risque.