Comment faire monter ses patients sur la balance ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une enquête française a permis de décrire la façon dont le poids est abordé en routine et la façon dont les patients vivent la démarche.

Lorsque la pesée n’est pas accompagnée d’une discussion, elle est plus souvent mal vécue par les patients, notamment ceux en surpoids. La discussion invite plus souvent à une réflexion de leur part.

Conception et conduite de l’étude

L’étude comportait deux volets :

  • l’observation par des étudiants de médecine des consultations successives conduites par 10 médecins généralistes qui exerçaient en zones rurales ou semi-rurales et n’étaient pas informés de l’objectif de l’étude. Les observations étaient consignées dans une grille d’information standardisée décrivant si le poids avait été ou non abordé, par qui et comment, et quelles avaient été les réactions du patient et du médecin.

  • les étudiants proposaient ensuite un entretien individuel avec le patient, en sortie de consultation pour recueillir leur vécu à travers une grille d’entretien prédéterminée.

Principaux résultats

  • L’étude a permis d’analyser 187 consultations et 81 entretiens (dont 65,2% de femmes, de 52,2 ans en moyenne et ayant un IMC moyen de 25,5 kg/m² calculé pendant la consultation ou à partir du dossier médical).

  • L’abord du poids avait concerné 38,5% des consultations (entre 13,6 et 80% selon les médecins), soit par pesée seule (47,2%), soit par discussion seule (29,2%) soit par association des deux (23,6%), sachant que tous les médecins sauf un avaient alternativement utilisé ces différentes approches.

  • Le poids était plus souvent abordé chez les sujets âgés, ceux présentant un IMC élevé ou ayant des antécédents cardiovasculaires ou endocriniens, et durant les consultations de suivi.

  • Les approches par pesée seule étaient déclenchées par le médecin dans 9 cas sur 10 et étaient souvent directives ou impersonnelles, parfois encourageantes. Aucun refus de pesée n’a été observé, mais plusieurs patients ont exprimé des réticences.

  • Les approches comportant une discussion étaient déclenchées par le médecin dans 3 cas sur 10. Elles entraînaient souvent chez le patient des commentaires sur des changements de comportements à envisager.

  • Douze patients ont exprimé une demande d’évolution de leur poids à la suite de cette démarche, dont un tiers dans le groupe discussion seule, 17% dans le groupe discussion et pesée et 5% dans le groupe pesée seule.

  • L’analyse du vécu des patients par entretien (n=81, 53,3 ans en moyenne, 38,3% d’IMC normal) a montré que la majorité avait bien vécu l’abord du poids en consultation, mais certains ont exprimé une souffrance, ont vécu le moment comme une épreuve et deux ont pleuré. Cette minorité était constituée de femmes qui évoquaient un retentissement de leur surpoids sur leur vie quotidienne et sociale.

  • La majorité des patients estimaient que l’abord de la question relevait de la compétence du médecin. Cet abord était d’autant mieux vécu que la relation de confiance avec le praticien était élevée ou que le motif de consultation le justifiait.