Comment évolue le recours au traitement de l’infertilité en France ?

  • Ben Messaoud K & al.
  • Am J Public Health
  • 16 juil. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude observationnelle française montre que sur la période 2008-2017 :

  • 1,25% des femmes en âge de procréer ont reçu un traitement pour infertilité.
  • Une augmentation significative de plus 20% du recours à ce traitement est constatée au cours de cette décennie.
  • Les femmes ayant recours à ces traitements sont globalement de plus en plus âgées.

Il serait maintenant intéressant de mener de nouvelles études pour mieux préciser le profil des femmes qui ont recours à ce traitement. 

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Des données de la littérature font état d’une augmentation de l’infertilité au niveau mondial depuis les années 1990. Aux États-Unis, plus d’une femme sur 10 en âge de procréer a déjà eu recours à un service spécialisé dans l’infertilité. En France, les traitements pour infertilité sont remboursés à 100%, il n’y a donc pas de barrière financière pour y recourir. Ces données permettent de connaitre l’évolution du recours à ces traitements sur une période récente à partir d’une large population.

Méthodologie

Un échantillon représentatif d’environ 1% des femmes âgées entre 20 et 49 ans affiliées au système général d’assurance maladie (soit plus de 100.000 femmes observées chaque année). Tous les remboursements de frais de santé de ces femmes ont été enregistrés.

Principaux résultats

Sur l’ensemble de la période évaluée, 1,25% [1,23-1,27] des femmes de 20 à 49 ans recevaient un traitement pour infertilité. L’âge moyen des femmes traitées était de 33 ans en 2008 et de 33,7 ans en 2017. Que ce soit en 2008 ou en 2017, les traitements de l’infertilité suivent une courbe en cloche en fonction de l’âge avec un décalage vers un âge plus important en 2017.

Au cours de la décennie évaluée, le taux de traitement pour infertilité a significativement augmenté de 23,9% ([14,66-33,74], p=0,001) chez les femmes de 34 ans et plus. En revanche, aucune modification n’a été mise en évidence pour les plus jeunes.