Comment améliorer la prise en charge de l’ostéoporose ?

  • Martin J & al.
  • Osteoporos Int
  • 28 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Anne-Marie SCHOTT, directrice du Laboratoire HESPER (EA 7425) Université Lyon 1 et médecin de Santé Publique aux Hospices Civils de Lyon : « Le traitement de l’ostéoporose reste largement sous-optimal pour différentes raisons. Les médecins ne pensent pas forcément à rechercher des signes ou des risques d’ostéoporose et quand l’ostéoporose est avérée, soit par des fractures soit par une DMO très basse, les médecins sont peu enclins à initier un traitement par anti-ostéoporotique préférant prescrire de la vitamine D et/ou du calcium qui n’ont pourtant pas fait la preuve de leur efficacité. Pourquoi ? nos études qualitatives auprès des généralistes montrent une fréquente défiance des médecins vis-à-vis des traitements anti-ostéoporotiques, et auprès de patients ostéoporotiques une méconnaissance de leur ostéoporose et de ses possibles conséquences. Les résultats de cette méta-analyse montrent que plusieurs types d’actions peuvent améliorer le traitement de l’ostéoporose, néanmoins pas de façon optimale. Ces résultats sont néanmoins un peu déroutants notamment sur le découplage entre prescriptions médicamenteuses et prescriptions de DMO (qui théoriquement devraient aller de pair) en fonction du type d’action lorsque l’action est ciblée sur les professionnels. Des études complémentaires vont être menées pour tenter d’expliquer ces observations ainsi que le fait que des informations délivrées de façon indirectes aux patients aient été plus efficaces que les informations données directement. »

 

Une équipe française a analysé la prise en charge effective de l’ostéoporose tant au niveau des structures de soins que des professionnels de santé et des patients afin d’identifier les actions les plus efficaces.

Pourquoi cette publication est intéressante ?

Depuis 2003, de nombreuses actions ont été menées dans les différents pays européens pour améliorer la prise en charge de l’ostéoporose. Il est essentiel d’identifier les meilleurs leviers d’amélioration de la prescription de la DMO et des traitements de l’ostéoporose pour continuer à favoriser les actions efficaces.

Protocole de l’étude

Toutes les études publiées entre 2003 et 2018 ayant évalué la prescription de la DMO et des traitements de l’ostéoporose ont été identifiées et incluses dans une méta-analyse. 

Principaux résultats

Les analyses qualitatives ont été réalisées à partir de 32 études et les analyses quantitatives à partir de 29 études. Parmi elles, 11 ont évalué la prescription d’une DMO et la prescription de traitements, 11 la prescription de traitements seuls et 4 la prescription d’une DMO seule. Au niveau qualité des études incluses, 5 étaient associées à un faible risque de biais, 19 à un risque modéré et 8 à un risque important.

Les résultats montrent que les interventions menées au niveau des structures (ex. la création d’une équipe multidisciplinaire spécialisée dans la prise en charge de l’ostéoporose) multipliaient par 10 les prescriptions de DMO (Odds ratio (OR) 9,99 [2,05-48,59]) et par presque 4 la prescription d’un traitement de l’ostéoporose (OR 3,82 [2,16-6,75]). 

Au niveau des professionnels de santé, les interventions ont globalement amélioré la prescription d’un traitement mais pas la prescription d’une DMO. En regardant de plus près, les interventions directes auprès des professionnels de santé (ex. information/formation par téléphone) amélioraient significativement la prescription de la DMO mais pas la prescription des traitements, et les actions indirectes (ex. mailing auprès des professionnels de santé) amélioraient la prescription des traitements mais pas celle de la DMO. 

Enfin, les interventions menées auprès des patients amélioraient la prescription d’une DMO et celle des traitements. Au niveau des patients, seules les interventions indirectes (ex. le mailing d’une brochure d’information avec la recommandation d’en parler à leur médecin) amélioraient les critères suivis contrairement aux interventions directes (ex. action d’éducation en face-face ou par téléphone réalisée par une infirmière).

Principales limitations de l’étude

L’hétérogénéité entre les études était forte (I2>75%).