Comment améliorer l’acceptation des biosimilaires par les patients ?

  • Haghnejad V & al.
  • Dig Liver Dis
  • 21 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les anti-TNF font partis des traitements qui impactent lourdement les coûts liés à la prise en charge des maladies inflammatoires chroniques des intestins (MICI). En s’appuyant sur les résultats d’une récente méta-analyse (11 études, 829 patients), l’European Crohn’s and Colitis Organization (ECCO) a pris position en 2017 pour inciter au switch des traitements par infliximab original (princeps, Remicade®) vers un biosimilaire CT-P13 (Inflectra®, Remsima®) chez les sujets souffrant de MICI. Cependant, des freins existeraient encore tant au niveau des prescripteurs que des patients. À partir de ce constat, une équipe de l’hôpital Universitaire de Nancy a évalué l’impact d’une communication adaptée sur l’acceptation des biosimilaires par les patients souffrant de MICI. Les résultats de cette enquête montrent que les patients souffrant de maladie de Crohn switchaient plus souvent vers le biosimilaire que les patients souffrant de rectocolite hémorragique (65,3% vs 41,7%). Et, globalement ce ne sont pas ceux qui en avaient déjà entendu parlé avant cet entretien spécifique qui switchaient le plus. Ces résultats confirment l’intérêt des décisions médicales partagées pour favoriser le traitement par biosimilaires. 

Protocole de l’étude

Des patients ont été recrutés de manière prospective entre novembre 2017 et avril 2018 durant leur traitement par Remicade® au CHRU de Nancy. Les patients étaient interrogés par un seul et même médecin avant chaque injection. Ce dernier transmettait au patient des informations sur le traitement, les conséquences en termes d’efficacité, de tolérance et de coûts des biosimilaires. Les patients inclus recevaient également une information provenant de l’Association François Aupetit qui reprenait tous les éléments sur les biosimilaires présentés par le médecin. Les patients devaient ensuite répondre à un questionnaire. Durant l’entretien, le médecin demandait notamment au patient s’il souhaitait passer de l’infliximab princeps à son biosimilaire.

Principaux résultats

Au total, 143 patients ont eu un entretien spécifique avec un médecin concernant les biosimilaires. Parmi eux, 138 patients ont été interrogés et 120 ont complété un auto-questionnaire concernant le switch du Remicade® à son biosimilaire l’Inflectra® CT-P13. Parmi tous les sujets inclus, 79,8% n’avaient jamais entendu parlé de biosimilaire.

Les résultats montrent que 67% des sujets ayant été interviewés et 68,3% de ceux ayant répondu à l’autoquestionnaire ont switché d’un traitement princeps vers le biosimilaire de l’infliximab. Selon les déclaratifs patients, l’entretien médical spécifique augmenterait l’acceptation du switch de 33 à 50%. Chez les patients souffrant de maladie de Crohn ou de rectocolite hémorragique, le fait qu’ils soient déjà satisfaits de la prise de médicaments génériques augmentait de 31% l’acceptation du switch vers le biosimilaire de l’infliximab. Les patients atteints de maladie de Crohn acceptaient plus facilement de switcher que ceux atteints de rectocolite hémorragique (72,6% vs 50%). Les premiers étaient cependant globalement plus jeunes que les seconds. 

Principales limitations

Cette étude monocentrique ne peut pas être représentative de la population globale des patients souffrant de MICI en France. Absence de groupe contrôle.