Combien de nouveaux cas de cancers sont attribuables à une exposition professionnelle ?

  • Int J Hyg Environ Health

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

L’exposition professionnelle à des agents cancérogènes contribue encore fortement à l'incidence des cancers en France. En effet, les résultats de cette étude estiment qu’en 2015, 7.900 nouveaux cas de cancers seraient attribuables à une exposition professionnelle, soit environ 2,3% des nouveaux cas recensés (3,9% pour l’homme et 0,4% pour la femme). Le cancer du poumon reste de loin le plus impacté par l’exposition professionnelle à des agents cancérogènes. Le renforcement de la surveillance et la mise en place de politiques de protection du travail pourraient prévenir une importante proportion de ces cancers.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Malgré le fait qu’un certain nombre d’agents cancérogènes (chimiques, physiques, biologiques) présents dans les milieux professionnels soient bien identifiés, on observe encore aujourd’hui un nombre important de cancers liés à ces expositions. S’appuyer sur des données actualisées est un prérequis essentiel pour définir des priorités et mettre en place des actions préventives efficaces.

Méthodologie

Cette étude avait pour objectif d’estimer quelle proportion de nouveaux cas de cancers en France en 2015 était attribuable à une exposition professionnelle, avec un niveau de preuve de causalité suffisamment important. Les analyses tiennent compte des variations d’exposition au cours du temps. Les estimations portent sur les nouveaux cas de cancers imputables à des agents cancérogènes professionnels reconnus, groupe 1 de l'Agence de recherche sur le cancer (ARC). Les calculs ont été réalisés à partir de l’estimation de l’exposition au cours d’une vie et du risque estimé sur la base de résultats d’études de cohortes. Les données sur les cancers proviennent du réseau français du registre du cancer. Un temps de latence de 0 à 20 ans (1995-2015) a été considéré pour les cancers hématologiques et de 10 à 50 ans (1965-2005) pour les cancers solides. 

Principaux résultats

  • En France, en 2015, 7.905 nouveaux cas de cancers seraient attribuables à une exposition professionnelle, soit 2,3% de l’ensemble des nouveaux cas de cancers.
  • Les hommes sont globalement plus concernés que les femmes : 7.336 nouveaux cas chez les hommes et 569 chez les femmes.
  • Chez l'homme, le cancer du poumon était le principal cancer attribuable à l’exposition professionnelle à un agent cancérogène suivi du mésothéliome et du cancer de la vessie. Chez la femme, les principaux cancers imputables à une exposition professionnelle étaient le cancer du poumon, le mésothéliome et le cancer des ovaires.
  • Les agents cancérogènes professionnels les plus contributeurs étaient l’amiante à hauteur de 45% des cas chez l’homme (3.489 cas) et de 60% des cas chez la femme (344 cas). Suivi chez l’homme du chromium VI (1.133 cas), des produits retrouvés dans les peintures pour les peintres (780 cas) et de la silice (429 cas). Pour la femme, après l'amiante les expositions au chrome VI (42 cas), aux composés à base de nickel (40 cas) et au béryllium (26 cas) constituaient les principaux risques. 

Principales limitations

Les estimations de cette étude sont limitées par les mesures et l’évaluation de l’exposition aux agents cancérogènes sur lesquelles elles se basent.

Financements

Étude financée par l’Institut National du Cancer (INCa).