COMBAT : suivi à 1 an des méningites bactériennes communautaires de l’adulte


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • La morbimortalité hospitalière liée aux méningites bactériennes communautaires de l’adulte est lourde selon les données de la cohorte française COMBAT. Elle engendre principalement des conséquences sur le plan de la santé mentale, de l’audition et de la qualité de vie selon le suivi à 1 an. Ces conséquences sont spécifiques du pathogène incriminé.

 

Si les méningites bactériennes communautaires de l’adulte sont rares en France, elles sont associées à une forte morbimortalité. Or, la caractérisation épidémiologique, thérapeutique et pronostique de ces cas cliniques n’est pas parfaitement décrite, notamment concernant le devenir des patients après leur sortie d’hospitalisation. C’est dans ce contexte que la cohorte COMBAT ( COhorte des Méningites Bactériennes de l’Adulte ) a été constituée et suivie entre 2013 et 2015. Elle a ainsi inclus 443 adultes infectés (58,4 ans d’âge moyen, ratio hommes/femmes : 1,2) issus de 69 centres français. Le suivi à 1 an après sortie d’hospitalisation était disponible pour 284 d’entre eux.

Dans ce travail, le profil, la présentation clinique des patients et les données microbiologiques sont apparus proches de ce qui est décrit dans la littérature, avec principalement la mise en évidence de S. pneumoniae (53,8%) et de N. meningitidis (21,3%, principalement répartis entre 52,3% de sérogroupe B et 33,0% de sérogroupe C). Il est à noter que si 62,1% des sérotypes observés pour le pneumocoque étaient ciblés par les valences vaccinales, seul un tiers de la cohorte était effectivement vacciné, malgré l’existence d’au moins un facteur de risque de méningite (alcool, diabète…) pour 67% de ces individus.

Le traitement a principalement consisté en une prescription de céphalosporine de troisième génération (92,5%) seule (51,2%) ou associée à l'amoxicilline (23,5%), ou à l'amoxicilline plus aminoglycoside (7,9%). Une prescription de dexaméthasone avait été prescrite pour 71,8% des patients.

Durant l’hospitalisation, 86,1% ont présenté des complications (dont 40,6% nécessitaient une ventilation mécanique, notamment dans les méningites à pneumocoques : 49,4% vs 30,6% pour celles à méningocoques, p=0,0008). Le taux de mortalité durant l’hospitalisation était de 16,9%, principalement du fait des Listeria et des pneumocoques (28,1% et 22,5% respectivement) et un pronostic défavorable (décès ou handicap significatif selon le score de Rankin modifié) concernait 45,0% des patients, majoritairement pour les deux pathogènes sus-cités (54,3% et 76,7% des cas respectivement). À un an, ce pronostic défavorable concernait encore 16,7% des 282 patients non perdus de vue, avec un moins bon score chez les patients infectés par le pneumocoque (20,7% vs 5,6% pour le méningocoque, p=0,0045). Les pertes d’audition étaient plus fréquentes parmi ceux qui avaient présenté une méningite à pneumocoques, alors que les dépressions, les maux de tête et l’altération de la qualité de vie étaient plus fréquemment retrouvés dans le cadre des méningites à méningocoques. Enfin, le pronostic ne semblait pas grevé par un traitement par dexaméthasone.

Ainsi, la méningite bactérienne communautaire de l'adulte, bien que rare, peut engendrer des complications graves et offrir un pronostic altéré à plus long terme. La précocité et la qualité de la prise en charge est déterminante, et une plus fréquente vaccination des sujets à risque de méningite semble nécessaire.