Coinfection VIH-VHC : le poids des symptômes rapportés par les patients


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Les données en vraie vie tirées de l’étude de cohorte ANRS CO13 HEPAVIH montrent le poids de certaines manifestations, notamment en santé mentale, sur le quotidien des patients co-infectés. Elles évoluent de façon hétérogène selon les symptômes et les patients.

  • Les symptômes dépressifs ou anxieux, et les problèmes de mémoire ou de nervosité sont fréquents et ne sont pas toujours améliorés par la prise en charge.


Si les résultats des essais cliniques sont indispensables à la pratique clinique, les données de suivi en vraie vie sont également très précieuses pour apprécier l’efficacité des traitements et le fardeau de la maladie en routine, et notamment concernant les symptômes rapportés par les patients.

Récemment, l’étude américaine PROP UP a décrit l’importance des symptômes vécus par les patients infectés par l’hépatite C chronique et traités par les nouveaux antiviraux d’action directe (AAD), en montrant notamment une hétérogénéité des parcours sous traitement (amélioration ou aggravation des symptômes). Dans une lettre à l’éditeur, les investigateurs de l’étude ANRS CO13 HEPAVIH ont brièvement suivi la même démarche afin d’apprécier l’éventuelle spécificité des symptômes et de leur évolution sous AAD chez des sujets co-infectés par le VIH. Leur analyse a porté sur les données de 103 patients (79% d’hommes, 52 ans en moyenne, 24 % de fibrose avancée) ayant répondu à un questionnaire complet sur les symptômes ressentis à l’initiation puis à l’issue du traitement. Parmi eux, l’incidence des symptômes dépressifs ou anxieux, et celle des problèmes de mémoire ou de nervosité étaient relativement élevées, comprises entre 38 et 55 %. Par ailleurs, si 53 % soulignaient que le fardeau des symptômes était globalement amélioré par le traitement, cette amélioration ne concernait qu’une minorité des patients lorsque les symptômes étaient pris isolément (entre 13% et 34% depuis les nausées jusqu’aux troubles du sommeil). Une aggravation était même rapporté dans 12 à 32% des cas (depuis la diarrhée jusqu’aux difficultés de mémorisation).

Les auteurs concluent que les patients co-infectés VIH-VHC forment une population spécifique. La mise en parallèle de leurs résultats par rapport à ceux de l’étude PROP UP laisse notamment penser que ces patients tirent un bénéfice moindre des traitements sur la santé mentale. Pour eux, ce type d’étude met en exergue le caractère essentiel  des études en vraie vie pour décrire l’importance des difficultés des patients co-infectés et traités.