CMGF 2020 - COVID-19, jeunes médecins et numérique


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Une session du Congrès médecine générale France CMGF 2020 intitulée « COVID-19, jeunes médecins et numérique » a été consacrée aux initiatives mises en place par et pour les praticiens durant la récente épidémie.

COVIGIE : signalons les problèmes, partageons les solutions...

Ainsi, Philippe Boisnault a évoqué le projet COVIGIE initié par la Société française de médecine générale, le Collège de médecine générale et la Société francophone des sciences pharmaceutiques d’officine, et mis en ligne le 15 avril 2020 pour assurer un relais d’information auprès de l’ensemble des soignants de ville, qui avaient alors difficilement accès à des informations autres que parcellaires et qui étaient quotidiennement confrontés à des difficultés pratiques dans la gestion de la crise. La plateforme a progressivement agrégé des contributions individuelles, ou issues de correspondants ou de groupes d’échanges (mail, Whatsapp…). Au total, respectivement 171 et 26 de ces contributions ont été recensées, et près d’un millier de médecins se sont abonnés aux résumés et bilans apportés par le site. Les principales difficultés émises par le terrain ont concerné l’interprétation des diagnostics, les risques de rupture de la continuité des soins ou le manque d’accès au matériel. L’objectif du site était aussi d’émettre des propositions et recommandations. Ainsi, de nombreuses pistes de solutions ont été évoquées, comme celles des réponses coordonnées pour les demandes des employeurs, ou le suivi prolongé des cas de COVID-19 …Le site a permis de faire émerger des signaux faibles émanant du terrain, comme celui de tableaux apparentés à une rechute, des thromboses veineuses ou des épisodes psychiatriques graves survenant en post-COVID.

Stop-postillons.fr

Michel Rochoy a de son côté rapporté l’initiative Stop-postillons.fr de quatre médecins lillois, qui a été mise en place le 22 mars dernier, au cœur de la crise sur les pénuries matérielles et polémiques sur le port de masques. L’idée était de changer de paradigme (le masque protège aussi les autres) en incitant au port du masque, en diffusant des articles scientifiques sur le sujet et en proposant des tutoriels pour constituer des écrans anti-postillons. Déjà en mars, le rationnel scientifique sur l’intérêt du port du masque était assez élevé par transposition d’autres épidémies. Le site a eu un grand succès, notamment via les réseaux sociaux, et particulièrement après les recommandations en faveur du port de masques de l’Académie de Médecine début avril.

Une section COVID sur le site du DUMG du CHU Rouen

Théophile Martin a rapporté comment cette page a été lancée suite au succès de la conférence COVID-19 tenue par l’université à destination des MG le 12 mars dernier, avec plus d’une centaine de participants sur place et plus de 8.000 vues en ligne. Cette conférence a abouti sur un groupe WhatsApp de 252 participants. Ce groupe a permis d’observer que des infos sont souvent non vérifiées, et médecins parfois perdus. Face à cela, le DUMG a créé une page spécifique COVID sur laquelle sont évoquées les données scientifiques d’une part et les pratiques d’autre part. Y sont recensés tous les sites très utiles type Coronaclic, mais aussi des webinars spécifiques créés avec des spécialistes hospitaliers, sur la partie veille, des résumés en français des articles d’intérêt sont proposés. Y sont publiés les projets de recherche en soins primaires sur le COVID-19. Intérêt du site : proposer un ancrage géographique et un dialogue ville-hôpital plutôt étoffé et constructif, et proposer une information adaptée à la médecine générale validée par plusieurs praticiens avant publication. Cette expérience est l’occasion de renforcer le rôle d’expertise que doit avoir un DUMG.

Ces différents projets visent à évoluer avec l’infléchissement des chiffres de l’épidémie en France. L’expérience acquise à travers cet épisode montre qu’il est possible de proposer rapidement des outils utiles aux praticiens dans leur quotidien, outils qui sont autant de vecteurs de partages de bonnes pratiques et d’information que des moyens de remonter des données ou des informations à destination des autorités locales ou nationales.

La session s’est conclue par les résultats d’un sondage mené et rapporté par ReAGJIR (Syndicat représentatif des jeunes généralistes), et qui a montré qu’une majorité des répondants (92,4%) a subi un impact financier de la crise sanitaire avec une perte moyenne de chiffre d’affaires de -41,4% en mars et -53,7% en avril chez les remplaçants qui étaient 68,3% à avoir vu au moins un remplacement prévu en mars et/ou avril annulé, alors même qu’un sur deux (53,6%) avait signé le contrat. Beaucoup ont exprimé une inquiétude sur les prochaines semaines.