Chlamydia trachomatis : occasions manquées de dépistage


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux

  • Selon une enquête menée dans deux CeGGID, l’infection à Chlamydia trachomatis est mal connue et un quart de ceux qui sont infectés ont eu une occasion manquée de dépistage dans les 6 mois précédant le diagnostic.

 

La progression des diagnostics à Chlamydia trachomatis ces vingt dernières années a motivé une réévaluation de la stratégie de dépistage dédié en 2018. Dans ce cadre, elle a conduit à élargir les lieux préconisés pour la mise en œuvre du dépistage qui regroupent désormais les CeGIDD (centre gratuit d'information, de dépistage et de diagnostic), CPEF (Centre de planification ou d'éducation familiale), SSU (Service de santé universitaire), centres d’orthogénie, cabinets de médecine générale, gynécologie et sage-femme. Reste que la méconnaissance de cette infection par le grand public, et notamment les personnes les plus à risque, peut limiter l’efficacité des mesures de santé publique mises en place. Afin de préciser ces zones d’ombre, deux CeGIDD de Saint-Malo et Rennes ont conduit une enquête auprès des plus de 15 ans reçus entre avril et juillet 2019.

Modes de transmission et symptômes sont mal connus

La population accueillie, relativement jeune (n=723, âge médian 22 ans), était souvent concernée par le risque spécifique d’infection à C. trachomatis (au moins 3 partenaires dans les 12 mois précédents pour 34,3% des personnes, 12,5% d’hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes). Pourtant, les participants étaient 34% à déclaré n’avoir "jamais entendu parler de Chlamydia" , tandis que 36% déclaraient que les recommandations de dépistage s’adressaient aux jeunes sexuellement actifs. Par ailleurs, seuls 60,6% connaissaient les modes de transmission de l’infection (la voie vaginale étant la plus souvent citée), et 34,1% savaient qu’elle pouvait être asymptomatique.

Au total, 26% des personnes interrogées avaient déjà réalisé un dépistage de Chlamydia et 8% étaient actuellement infectées. Parmi les 50 patients concernés, 37 ont pu être contactés par téléphone afin d’évaluer s’ils avaient eu une occasion manquée d’être diagnostiqués auparavant : cette opportunité était définie par l'absence de dépistage, alors que la personne avait eu au moins une consultation relative à la santé sexuelle avec un médecin traitant, un gynécologue ou une sage-femme au cours des 6 mois précédant le diagnostic d'infection. Cette situation concernait 9 des 37 personnes interrogées (24,3%).

Les personnes participant ayant spontanément consulté le CeGIDD, il est possible qu’elles soient plus sensibilisées et informées que le reste de la population française. La méconnaissance de l'infection à C. trachomatis est certainement une difficulté persistante qui limite l’efficacité des recommandations actuelles. Des campagnes ciblées auprès des professionnels de santé comme du grand public doivent être repensées.