Chirurgie bariatrique et espérance de vie

  • Kauppila JH & al.
  • Gastroenterology
  • 30 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude de registres montrent que les individus ayant subi une chirurgie bariatrique auraient une mortalité toutes causes confondues supérieure à la population générale et que ce sur-risque augmenterait avec le temps. Chez les sujets ayant subi une chirurgie bariatrique, la mortalité cardiovasculaire, ainsi que celle liée aux conséquences du diabète, et la mortalité par suicide seraient augmentées par rapport à la population générale, mais pas celle liée au cancer. Les sujets obèses opérés auraient une mortalité globale et une mortalité liée à une atteinte cardiovasculaire, au diabète ou par cancer inférieures à celles des individus obèses non opérés. En revanche, le risque de suicide serait plus élevé chez les sujets opérés que non opérés.

Méthodologie

Les données des sujets obèses et non obèses utilisées pour cette étude proviennent de registres nationaux des pays nordiques et ont été enregistrées entre 1980 et 2012. Les relations entre la chirurgie bariatrique, la mortalité toutes causes, et la mortalité liée à une maladie (cardiovasculaire, diabète, cancer, suicide) en lien avec l’obésité ont été analysées. 

Principaux résultats

Sur les 505.258 individus obèses inclus, 49.977 ont eu une chirurgie bariatrique. Les sujets ayant bénéficié d’une chirurgie bariatrique était globalement plus jeunes et plus souvent des femmes que ceux qui n’y avaient pas eu recours.

  • Le ratio standardisé de mortalité (SMR) toutes causes était plus élevé chez les sujets obèses n’ayant pas subi de chirurgie bariatrique (2,15 [2,11-2,20]) que chez ceux qui avaient eu recours à la chirurgie (1,94 [1,83-2,05]).
  • Chez les sujets obèses non opérés, ce surrisque restait stable dans le temps alors qu’il augmentait avec la durée du suivi chez les sujets opérés : 1,62 [1,48-1,79] entre 0 et 4 ans jusqu’à 2,28 [2,07-2,51] à 15 ans et plus de suivi post-chirurgie. En revanche, aucune différence n’a été notée en fonction du type de chirurgie. Plus spécifiquement, le risque de mortalité cardiovasculaire (SMR 2,39), par diabète (SMR 3,67) et par suicide (SMR 2,39), mais pas celle par cancer, était augmenté chez les individus opérés par rapport à la population générale et ce risque augmentait avec le temps. Chez les sujets obèses n’ayant pas subi de chirurgie bariatrique, la mortalité cardiovasculaire (SMR 2,26), par diabète (SMR 6,89), par cancer (1,25) et par suicide (1,15) étaient augmentées, mais ce surrisque restait stable dans le temps.
  • Les individus obèses opérés avaient un risque global de mortalité toutes causes inférieur aux sujets obèses non opérés (HR 0,63 [0,60-0,66]) et cela restait valable pour toute la période de suivi. Ni le sexe, ni la technique chirurgicale utilisée ne modifiait cette différence. Plus spécifiquement, par rapport aux individus non opérés, les sujets obèses opérés avaient une mortalité cardiovasculaire et par diabète diminuée et ce différentiel était maintenu dans le temps (respectivement HR 0,57 [0,52-0,63] et 0,38 [0,29-0,49]). Le différentiel existait également pour le cancer en faveur de ceux qui avaient eu une chirurgie bariatrique, mais il s’attenuait avec les années. En revanche, les sujets obèses opérés avaient un surrisque de suicide par rapport à ceux qui n’avaient pas eu recours à la chirurgie (HR 1,68 [1,32-2,14]) et cette augmentation était maintenue dans le temps. 

Principales limitations

Manque de données concernant le statut socioéconomique, le tabagisme, la consommation d’alcool, c’est-à-dire des critères qui peuvent constituer des facteurs confondants.