Chimiothérapie orale : apport de la consultation pharmaceutique

  • Babin M & al.
  • Ann Pharm Fr
  • 6 juil. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’équipe pharmaceutique du centre de lutte contre le cancer Paul Papin d’Angers a dressé un bilan à un an des consultations pharmaceutiques relatives à l’initiation des chimiothérapies orales. Ce temps de consultation est apparu comme un moment favorisant le dialogue avec le patient et les aidants. Il favorise également le lien ville-hôpital en offrant une fenêtre d’échange avec le pharmacien d’officine. C’est aussi parfois l’occasion d’une intervention pharmaceutique.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La place des traitements oraux croît en oncologie. S’ils sont plébiscités par les patients, ils sont aussi à plus fort risque d’inobservance, d’erreurs ou d’interactions médicamenteuses par rapport aux traitements injectables. La consultation pharmaceutique est une démarche qui favorise l’accompagnement des patients lors de l’initiation des chimiothérapies orales. L’équipe du centre de lutte contre le cancer Paul Papin d’Angers a dressé un bilan de son expérience un an après la mise en place de la consultation pharmaceutique dans l’établissement. Celui-ci est paru dans les Annales Pharmaceutiques Françaises .

Mise en place et déroulé des consultations

Les consultations, mises en place à moyens constants, visaient les patients démarrant une radiochimiothérapie par témozolomide pour glioblastome ou ceux qui démarraient une autre chimiothérapie orale (rétrocédée ou non) et qui présentaient un profil à risque : comorbidités, fragilité psychosociale…

Le rendez-vous était fixé avant le début du traitement. Il était également ouvert aux aidants. La préparation de l’entretien, le déroulé de l’entretien, le plan de prise, le compte-rendu de consultation et un courrier-type à destination des professionnels étaient tous définis à partir de supports développés par l’équipe, qui a parallèlement mis en place un système d’astreinte (téléphone, mail).

Bilan à un an

Durant l’année, 65 consultations pharmaceutiques ont été menées pour des patients d’âge moyen 62 ans (46,2% d’hommes), dont seuls 9,2% ne prenaient pas de traitement habituel. Parmi les traitements de phytothérapie et compléments suivis par les patients figuraient le curcuma, connu pour être un inhibiteur enzymatique. Au total, 15 interventions pharmaceutiques ont été réalisées, au cours desquelles les patients ont parfois indiqué des effets indésirables non communiqués au médecin. Toutes ces interventions ont été acceptées par les prescripteurs.

Les patients ont souligné l’importance de ce temps d’échange dans l’assimilation des informations et la possibilité de poser des questions. La présence des aidants étaient particulièrement pertinente lorsque le patient souffrait de glioblastome, du fait de la symptomatologie associée.

Au total, 58 pharmacies d’officine ont été contactées : elles ont aidé au bilan médicamenteux, ont reçu les fiches OMEDIT et ont évoqué certaines difficultés dans l’accompagnement des patients. Certaines d’entre elles ont spontanément repris contact avec l’équipe pharmaceutique hospitalière au sujet du traitement de patients reçus ou non dans le cadre  de ces consultations.