Chikungunya : intérêt de l’échographie articulaire en phase aiguë

  • Blettery M & al.
  • Int J Infect Dis
  • 28 mars 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

L’étude Echochik a été menée au CHU Fort-de-France lors de l’épidémie de Chikungunya en 2014 afin de mieux comprendre les phénomènes articulaires liés au virus et de déterminer si leur évaluation échographique permettrait de mieux en prédire l'évolution. Dans une récente étude parue dans International Journal of Infectious Diseases , l’aspect échographique des articulations en phase aiguë a fait l’objet d’une analyse : il apparaît que le diagnostic de l’atteinte articulaire peut être plus précis que celui issu de l’examen clinique par le rhumatologue. Il permet notamment de repérer les synovites infra-cliniques, d’identifier les formes polyarticulaires et de distinguer arthrite et ténosynovite. Des travaux complémentaires permettraient de mieux corréler ces observations à l’évolution vers une forme chronique.

Méthodologie

Des patients de 18 ans et plus ayant consulté le CHU lors de l’épidémie de 2014 avec des signes articulaires depuis moins de 10 jours, suspectés d’être liés au virus ont été inclus. L’analyse a été menée à partir des données échographiques des sujets dont le diagnostic a été biologiquement confirmé. L’examen échographique et l’examen clinique ont été réalisés par deux cliniciens distincts. Parallèlement, trois cas de dengue ont été également soumis à l’analyse échographique afin d’évaluer la capacité discriminante de l’examen.

Principaux résultats

  • Les examens ont été conduits auprès de 28 patients (dont 19 femmes), de 50,7 ans d’âge moyen. Les nombres d’articulations gonflées ou douloureuses étaient en moyenne de 4 et 8 respectivement, tandis que ceux observés pour les sujets atteints de dengue étaient de 0 et 3.
  • Les patients atteints par le chikungunya présentaient un épanchement articulaire au niveau de 92,8% des articulations (dont 75% des mains et des poignets, 50% des chevilles et 35,7% des genoux), le plus souvent unilatéral (75,5%). L’épanchement était modéré à volumineux (stade 2 et 3 de la classification de Szkuldarek) pour 28,3% des articulations concernées mais aucune d’entre elles ne présentait d’érosion. En revanche, une infiltration inflammatoire sous-cutanée concernait 28,2% des patients et 23,2% des chevilles. Enfin, seuls 2 patients ont présenté une ténosynovite.
  • Aucun des 3 sujets présentant une fièvre aiguë liée à la dengue n’ont présenté d’épanchement articulaire.