CHEST 2019 — Essai arrêté prématurément : le métoprolol augmente le risque d’exacerbations sévères de BPCO


  • Keren Landman, MD
  • Actualités des congrès
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À retenir

  • Le métoprolol a augmenté le risque d’exacerbations sévères des patients atteints d’une BPCO au moins modérée.

Pourquoi est-ce important ?

  • Ces résultats contredisent ceux des études observationnelles suggérant que les bêtabloquants pourraient réduire le risque d’exacerbation et de décès des patients atteints d’une BPCO.

Protocole de l’étude

  • Essai prospectif, randomisé, contrôlé contre placebo, multicentrique, mené en double aveugle auprès de 532 patients atteints d’une BPCO, présentant une limitation du flux d’air au moins modérée et un risque accru d’exacerbation d’après celles de l’année passée ou la prescription d’oxygénothérapie.  
  • Les patients prenant ou présentant des indications pour prendre un bêtabloquant ont été exclus.
  • Les patients ont été affectés de manière aléatoire pour recevoir 50 mg de métoprolol (dose ajustée plus tard) ou un placebo pendant 336 jours.
  • Le critère d’évaluation principal évalué était le délai jusqu’à la première exacerbation de BPCO.
  • Financement : Département de la Défense des États-Unis (US Department of Defense).

Principaux résultats

  • Bien qu’il n’y ait pas eu de différence dans le délai jusqu’à la première exacerbation, les patients du groupe métoprolol présentaient un risque accru d’exacerbation sévère ou très sévère (RR : 2,08 ; IC à 95 % : 1,37–3,14).
  • L’essai a été arrêté prématurément en raison de préoccupations liées à la sécurité d’emploi.

Limites

  • Il n’a pas été possible de réaliser cette étude complètement en aveugle en raison des effets physiques attendus avec les bêtabloquants.
  • Les résultats peuvent ne pas être généralisables aux patients présentant une BPCO moins sévère ou avec des indications pour prendre un bêtabloquant. 
  • Les résultats peuvent ne pas être généralisables à tous les bêtabloquants.
  • L’étude disposait d’une puissance statistique limitée pour identifier les groupes à haut risque en raison d’un arrêt prématuré.

Commentaire d’expert

  • Jean Bourbeau, scientifique principal du programme de recherche translationnelle sur les maladies respiratoires à l’Université McGill de Montréal, a déclaré que les résultats de l’étude devraient motiver les cliniciens à envisager à nouveau l’instauration de bêtabloquants chez les patients atteints d’une BPCO à des fins de prévention. « C’est un peu plus compliqué quand il s’agit de décider d’arrêter ou non le traitement des patients qui le reçoivent déjà », a-t-il déclaré, en suggérant que les cliniciens envisagent l’arrêt du médicament chez les patients qui « ont présenté une augmentation des exacerbations, de la dyspnée, ou toute complication majeure liée à la BPCO », sauf s’ils ont une indication pour des bêtabloquants.