Chemsex : une étude révèle son usage courant chez les étudiants français

  • Malandain L & al.
  • Dialogues Clin Neurosci

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Plus de 20% des étudiants français ayant répondu à un questionnaire anonyme ont recours au chemsex. Une prévalence qui serait similaire à celle de la population générale1.
  • La pratique du chemsex ne différerait pas en fonction du genre au sein de cette population.
  • La plupart du temps, une seule substance est utilisée – principalement l’alcool – ce qui contraste avec l’usage du chemsex dans la population des hommes qui ont des relations avec d’autres hommes (HSH), qui utilisent plus souvent des mélanges de substances.
  • Plusieurs facteurs ont pu être associés à ces pratiques après analyses multivariées.

Pourquoi est-ce important ?

Le chemsex est l’usage de substance psychoactive dans le but d’initier, de faciliter, d’améliorer ou de prolonger une expérience sexuelle. Pratiques sexuelles à risque et maladies sexuellement transmissibles sont souvent associées au chemsex.

Dans la population des HSH, les substances le plus souvent utilisées sont la méthamphétamine, l’acide gamma-hydroxybutyrate/la gamma-butyrolactone (GHB/GBL), les nitrites d’alkyle (poppers) et moins fréquemment des cathinones, la méphédrone, la cocaïne, ou la kétamine. Ces pratiques peuvent conduire à des addictions selon les substances utilisées. D’où l’intérêt de suivre ces pratiques au sein de la population des jeunes adultes.

Méthodologie

Cette étude est basée sur des questionnaires anonymes comprenant 15 questions et transmis par internet, permettant d’explorer les caractéristiques socio-démographiques des répondants, la pratique du chemsex, la satisfaction sexuelle, le type de substances utilisées et leur voie d’administration. L’étude a été menée à Paris et a inclus une très large population d’étudiants.

Principaux résultats

Au global, 680 étudiants français ont répondu au questionnaire. Parmi eux, 22,5% ont rapporté avoir eu une expérience de chemsex au cours de l’année écoulée. Aucune différence significative n’a été observée sur l’usage du chemsex entre les hommes et les femmes. Plus d’un tiers des répondants (36%) ont déclaré avoir utilisé le chemsex plus de 5 fois au cours des 12 derniers mois. Environ la moitié des utilisateurs ont rapporté n’utiliser qu’une seule substance à la fois. L’alcool était la substance la plus largement utilisée (83,7%), puis, parmi les plus fréquentes, le cannabis (47,1%), la MDMA – méthylene dioxy methamphatamine (23,5%), la cocaïne (11,8%), les hallucinogènes (9,8%), les benzodiazépines (7,2%), la méphédrone et autres substances synthétiques (6,4%), le poppers (5,2%) et le GHB/GBL (2,0%).

Après analyses multivariées, les facteurs associés au chemsex étaient l’utilisation de sites de rencontres et le visionnage de films de pornographie au moins une fois par mois.

Le fait d’avoir un partenaire utilisant le chemsex, le fait d’être célibataire, d’avoir d’autres orientations sexuelles que l’hétérosexualité (en particulier le fait d’être bisexuel) étaient d’autres facteurs associés au chemsex. Le niveau de satisfaction sexuelle n’était pas significativement différent entre ceux qui pratiquaient le chemsex et les autres.

Les étudiants en médecine et d’écoles de commerce étaient plus utilisateurs de chemsex que les autres. Sur l’ensemble des répondants utilisateurs du chemsex, 83,7% ont évoqué y recourir dans le but d’être désinhibés, 36,6% de gagner en désir et plaisir sexuels, 27,5% pour faciliter les rencontres sexuelles et 13,1% pour avoir de meilleures performances. Les conséquences que les utilisateurs de chemsex ont constatées sont principalement l’oubli du préservatif et les infections sexuelles (32,0%), le fait de s’engager dans une relation sexuelle non souhaitée (15,7%) et une grossesse non souhaitée (5,9%).