CCR : comment les pharmaciens ont aidé à multiplier par trois la réalisation du test de dépistage


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Si la participation au test de dépistage du CCR est insuffisante en France (31%), elle l’est encore plus en Corse, ou elle ne dépasse pas les 10% (9,75%). Le fait que les tests doivent être retirés par le patient auprès de son médecin traitant est sans doute un facteur compliquant la poursuite de la démarche. L’URPS pharmaciens de l’île a mené une expérimentation afin d’évaluer si l’implication des officinaux dans la remise des kits pourrait améliorer ce constat. En mobilisant les 17 pharmaciens du territoire déterminé (plaine orientale de Borgo à Travo, 26 communes, 3 bassins de vie, 50.987 personnes), ils ont pu porter le taux de réalisation du test à 36%, soit 3,7 fois plus qu’habituellement.

Sensibiliser, informer, mobiliser

Après avoir eu l’accord de l’ARS et de l’URPS Médecins libéraux, l’intervention a été conçue puis déployée : un questionnaire a été établi pour accompagner les pharmaciens dans l’identification des sujets éligibles au test. Ces professionnels ont été invités à participer à une session de formation sur le test et le questionnaire. Les médecins généralistes ont été informés et leur avis sur la démarche a été recueilli. Le déploiement a été fait par affichage dans les officines et un entretien confidentiel était mené par le pharmacien à son initiative ou à la demande de la personne elle-même. Les personnes effectivement éligibles se voyaient remettre le test. Dans tous les cas (éligibles ou non), le questionnaire était renvoyé au centre régional de coordination du dépistage des cancers (CRCDC).

Résultats et accueil de la part des généralistes

Dans le cadre de l’expérimentation, 666 tests ont été remis par les pharmaciens, et ont permis d’atteindre un taux de réalisation de 36%. Comparativement, sur la période d’expérimentation, le taux de réalisation mesuré en routine via la remise du test par le généraliste était 3,7 fois moins élevé, et égal à 9,7%.

Les 45 médecins du territoire ont reçu une enquête postale mais seuls 7 y ont répondu : trois se disaient favorables à la mise à disposition du test ailleurs qu’au cabinet médical, trois autres s’y opposaient indiquant le rôle prépondérant joué par le médecin.

Aussi, le pharmacien d’officine peut représenter un chaînon précieux pour atteindre les objectifs de dépistage organisé des cancers, aux côtés des médecins. La question du maintien de la dynamique à long terme se pose néanmoins. D’autres expérimentations seraient intéressantes à mener, sur de plus longues périodes et sur des territoires plus larges.