Cas groupés d’infections à Kingella kingae : un avis du HCSP


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Depuis 2011, dix épisodes de cas groupés d’infection à Kingella kingae ont été signalés aux ARS (Agences régionales de santé). Survenus dans des crèches, leur prise en charge a été chaque fois différente. Aussi la DGS (Direction générale de la santé) a-t-elle demandé un avis au HCSP (Haut Conseil de la santé publique) dans le but d’harmoniser les pratiques.

K. kingae est un coccobacille à Gram négatif découvert en 1960. Commensal de l’oropharynx, il est le responsable le plus fréquent des infections ostéo-articulaires (IOA) de l’enfant de moins de 4 ans. Il s’agit d’arthrites dans 73% des cas (surtout genou, hanche ou chevilles), d’ostéomyélites dans 15% des cas (membres inférieurs et supérieurs principalement) et de spondylodiscites dans 5% des cas. La symptomatologie clinique et biologique est souvent frustre et l’évolution le plus souvent favorable, sans séquelles.

Les hémocultures doivent être systématiques, mais sont rarement positives. La recherche du germe se fait par ponction du liquide articulaire, d’un éventuel abcès sous-périosté, voire de l’os. Elle fait appel aux techniques de PCR, qui ne sont réalisées pour ce germe que dans quelques hôpitaux universitaires en France.

La conduite à tenir dépend du résultat de cette recherche. Si elle n’a pas pu être faite, un  traitement probabiliste est proposé, visant les principaux germes responsables d’IOA dans cette tranche d’âge. Si la recherche est positive, le traitement de choix est l’amoxicilline par voie parentérale, avec relais oral dès l’amélioration des symptômes cliniques et biologiques.

« Un épisode de cas groupés d’infection à K. kingae est défini par l’apparition dans un délai d’un mois, au sein d’une même collectivité d’enfants, d’au moins deux cas, reliés de façon épidémiologique, d’infection massive à K. kingae, dont au moins un confirmé ou probable. » Un cas probable est défini par l’identification du germe dans un prélèvement de l’oropharynx d’un enfant ayant des symptômes compatibles avec une infection à K. kingae .

Lorsque l’épisode de cas groupés est confirmé, la recherche de portage oropharyngé chez les autres enfants est inutile. Il en va de même pour l’antibioprophylaxie, chez eux et chez le personnel de la collectivité. Elle peut cependant être proposée chez les enfants ayant une cardiopathie valvulaire ou congénitale (amoxicilline ou rifampicine), mais le niveau de preuve de son efficacité est faible. Le personnel de la crèche bénéficiera d’une information sur la maladie et du rappel des règles d’hygiène. Les parents se verront remettre une lettre destinée à leur médecin traitant.

Enfin, le HCSP recommande l’identification des laboratoires spécialisés dans la recherche de K. kingae , afin qu’ils puissent apporter une aide technique au besoin. Le médecin de l’établissement d’accueil où ont eu lieu les cas groupés doit être informé, ainsi que l’ARS. Le Haut Conseil rappelle que ces recommandations sont données en tenant compte des nombreuses incertitudes concernant cette infection et qu’elles sont donc susceptibles d’être révisées.