CAPTIC : influence de la connaissance du TasP sur les comportements


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Messages principaux :

  • Selon une enquête menée en 2014, les personnes vivant avec le VIH (PVVIH) étaient 87% à avoir connaissance du TasP, contre 57% en 2010.
  • Certaines attitudes et opinions sont apparues différentes, notamment en fonction du sexe, ce qui doit inciter à personnaliser le conseil et l’information aux patients.

 

Le traitement comme prévention (TasP) est efficace contre le risque de transmission du VIH dans un couple sérodiscordant. Or, en 2010, une enquête française a montré que 57% des personnes séropositives interrogées avaient connaissance du TasP. Il était donc intéressant de savoir si cette connaissance s’était améliorée et, si oui, si elle modifiait le sentiment ou le comportement des personnes interrogées sur le risque de transmission et leur sexualité.

Ainsi, une enquête transversale a été menée en 2014 dans le cadre de la COREVIH ( COordination REgionale de lutte contre le VIH ) Ile-de-France Nord, par auto-questionnaire anonymisé auprès de 520 sujets adultes infectés par le VIH et suivis depuis plus de 6 mois par l’un des 5 services hospitaliers de maladies infectieuses de la COREVIH. Elle a montré que la connaissance du TasP s’est améliorée passant de 57% à 87%. La crainte de la transmission du virus était ainsi moins forte pour 73% des répondants, notamment exprimée par les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH), tandis que 28% déclaraient avoir une vie sexuelle améliorée.

Pour autant, les personnes qui avaient des rapports non protégés, des relations sexuelles anales ou orales restaient plus inquiètes (par rapport à celles ayant des rapports protégés, ou n’ayant pas de relations sexuelles anales ou orales, respectivement). Par ailleurs, indiquer son statut sérologique à son partenaire restait associé au statut de ce dernier (en cas de partenaire stable), ceux dont le partenaire était séronégatif indiquant leur statut dans 81% des cas contre 94% lorsqu’il était séropositif (p=0,02). L'utilisation de préservatifs restait aussi associée au statut du partenaire (65% en cas de couples sérodiscordants contre 43%, p=10 −4 ).

Cette enquête montre aussi que la connaissance du TasP améliore l’adhésion au traitement des femmes (61% vs 34%) et que celles-ci sont les plus nombreuses à déclarer une vie sexuelle améliorée du fait du TasP. Aussi, les auteurs suggèrent-ils d’adapter le discours d’information et de sensibilisation au profil du patient. L’étude des barrières et des moyens permettant de faciliter l’évocation de la santé sexuelle par les PVVIH auprès de leurs médecins est aujourd’hui nécessaire, près de 40% d’entre eux n’évoquant jamais le sujet en consultation.