Cannabis thérapeutique en France : c’est pour bientôt ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités des médicaments
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Le Comité Scientifique Spécialisé Temporaire (CSST) chargé d’évaluer la pertinence et la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France, vient de rendre son avis définitif concernant les modalités de mise en place d’une expérimentation. Voici ses propositions :

Médicaments

Le CSST propose la mise à disposition de médicaments à base de fleurs séchées de cannabis et d’extraits à spectre complet, avec des formes :

  • A effet immédiat : formes sublinguales et inhalées (huile et fleurs séchées pour vaporisation …),
  • A effet prolongé : formes orales (solution buvable et capsules d’huile…).

Cinq ratios THC (tétra-hydro-cannabinol) / CBD (cannabidiol) seront disponibles : 1/1, 1/20, 1/50, 5/20 et 20/1.

L’adaptation posologique se fera par titration par le médecin, jusqu’à obtention de la dose minimale efficace et/ou d’effets indésirables tolérables par le patient.

Indications

Cinq indications ont été retenues :

  • Douleurs neuropathiques réfractaires aux thérapies accessibles (médicamenteuses ou non),
  • Formes d’épilepsie pharmacorésistantes,
  • Symptômes rebelles en oncologie (nausées, vomissements, anorexie…),
  • Situations palliatives,
  • Spasticité douloureuse de la sclérose en plaques ou des autres pathologies du système nerveux central.

Conditions de prescription et de délivrance

L’initiation du traitement sera réservée aux médecins exerçant dans des centres/structures de référence avec relais possible en médecine de ville une fois le traitement stabilisé. Les prescripteurs devront suivre une formation préalable en e-learning.

La dispensation se fera dans les pharmacies à usage intérieur (PUI) et en officine.

Un registre national électronique, renseigné par les médecins prescripteurs, sera mis en place pour assurer le suivi des patients (efficacité et sécurité).

Le CSST estime que 6 mois seront nécessaires pour mettre en place cette phase d’expérimentation puis 6 mois pour l’inclusion des patients, 6 mois de suivi et 6 mois d’analyse des données.

L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) doit maintenant étudier ces propositions et rendre son propre avis.