Canicules 2019 : 1.435 décès en excès


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Pendant l’été 2019, la France a connu deux canicules très étendues et intenses, avec des dépassements des seuils d’alerte du 24 juin au 7 juillet (première vague) puis du 21 au 27 juillet (deuxième vague), avec respectivement 4 et 20 départements (soit 7% et 35% de la population française) en vigilance rouge (correspondant à des « phénomènes météorologiques dangereux imposant une vigilance absolue » ). La première canicule a été aussi intense que celles de 2015 et 2018, mais de plus courte durée. La seconde a été d’une intensité comparable à celle de 2003, mais a duré nettement moins longtemps (5 jours, versus 19 en 2003).

Durant ces deux épisodes, 1.435 décès en excès ont été observés, soit une surmortalité relative de 9,1%, dont 572 dans les départements en vigilance rouge. La majorité ont eu lieu dans la tranche d’âge des plus de 75 ans (974 décès), mais sur l’ensemble des deux vagues, l’impact relatif est important chez les 65-74 ans (+13,3%) et chez les 15-44 ans (+12,2%).

Pour la première canicule (567 décès en excès), ce sont les régions Centre-Val de Loire et Auvergne-Rhône-Alpes qui ont eu le plus de décès en excès. La surmortalité a été supérieure à 15% dans 18 des 58 départements concernés par un dépassement des seuils d’alerte. La surmortalité relative la plus élevée a été observée dans les départements du Lot et de la Haute-Loire (plus de 50%). Huit cas d’accidents du travail mortels sont possiblement en lien avec la chaleur (hommes âgés de 32 à 58 ans travaillant en extérieur).

Pour la seconde canicule (868 décès en excès), les régions les plus impactées ont été Pays-de-la-Loire et Île-de-France, qui a eu la plus forte surmortalité relative (+21,6%, avec plus de 300 décès en excès). La surmortalité a été supérieure à 15% dans 26 des 85 départements concernés par un dépassement des seuils d’alerte lors de la première vague. Deux cas d’accidents du travail mortels peuvent être liés à la chaleur (deux hommes de 47 et 61 ans travaillant en extérieur).