Candidémie et maladie auto-immune systémique : quelles spécificités ?


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Parmi une cohorte de plus de 1.000 candidémies, les patients souffrant de maladie auto-immune systémique, principalement infectés par Candida albicans, présentent une mortalité associée équivalente à celle des autres patients.

 

L’incidence des candidémies aurait augmenté ces dernières années, associée à une mortalité toujours significative (12% à 72% selon les études). Les maladies auto-immunes systémiques (MAS) constituent un facteur de risque de survenue ou de décès liés à cette infection systémique, mais peu d’études ont décrit leur incidence globale parmi la population des personnes infectées.

Dans ce travail, le laboratoire de microbiologie du CHU Toulouse et deux hôpitaux espagnols (Barcelone, Salamanque) ont colligé leurs données (collectées rétrospectivement pour le premier, prospectivement pour les autres entre 2010 et 2016) afin de décrire la fréquence, la présentation et l’évolution clinique de l’infection chez les patients atteints d’une MAS.

Un taux de mortalité de 28% à 30 jours

Parmi les 1.040 patients recrutés pour candidémie (dont 568 au CHU Toulouse, 87,6% des épisodes de nature nosocomiale ou associés aux soins), 32 (3,1%) étaient observés chez des sujets qui avaient une maladie auto-immune systémique (âge moyen 65 ans, 50% d’hommes), principalement une polyarthrite rhumatoïde (27,8%, n=10) ou un lupus érythémateux systémique (12,5%, n=4). Les principales comorbidités associées étaient une maladie tumorale (n=9) ou une cardiopathie (n=9).

Candida albicans était l’espèce la plus fréquemment retrouvée (66,7%, n=22).

Au moment de l’infection, 25 patients étaient sous corticothérapie et neuf sous immunosuppresseurs (principalement par méthotrexate). Plus de 9 patients sur 10 avaient des facteurs de risque de candidémie (traitement antibiotique et cathéter veineux).

Le taux de mortalité était de 27,8% à 30 jours, comparable au reste de la cohorte. Ce chiffre, relativement faible par rapport à la littérature et au profil clinique des patients pourrait s’expliquer par une répartition hétérogène des espèces de Candida , chacune étant associée à un risque de complications différent.

S’il rassemble un petit nombre de patients, et n’a pas permis de mener de comparatif entre les groupes avec ou sans MAS, cette étude montre que le taux de patients atteints de MAS représentent une petite partie des sujets souffrant de candidémie et que l’espèce C. albicans est la plus fréquemment rencontrée.