Candida auris, agent d’une infection nosocomiale émergente


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Candida auris ( C.auris ) est une levure identifiée au Japon pour la première fois en 2009. Le plus souvent associée aux soins hospitaliers, sa diffusion mondiale est rapide. En juillet 2019, six cas avaient été identifiés en France (dont 4 confirmés). De 2013 à 2017, quatre épidémies, totalisant 573 cas, ont été rapportées en Europe (Espagne et Royaume Uni). Cette levure, encore mal connue, est difficile à identifier, notamment parce qu’elle ne fait pas toujours partie de la base de données des automates de diagnostic biologique. Elle est également difficile à traiter, étant peu ou pas sensible à la plupart des antifongiques. La stratégie thérapeutique repose sur l’utilisation en première intention d’échinocandines. Les mesures de contrôle de sa diffusion s’apparentent à celles recommandées en France pour les bactéries hautement résistantes aux antibiotiques émergentes (BHRe).

À la demande de la Direction générale de la santé, le HCSP (Haut Conseil de la santé publique) vient de formuler plusieurs recommandations à destination des milieux hospitaliers. Est défini comme cas confirmé 

  • D’infection à C.auris tout patient pour lequel la levure a été identifiée sur des échantillons biologiques profonds ou superficiels et qui a des manifestations cliniques d’infection,

  • De colonisation à C.auris tout patient chez lequel la levure a été isolée à partir d’un prélèvement de site superficiel et qui est asymptomatique.

Un patient contact est dit à risque intermédiaire ou élevé lorsqu’il a été hospitalisé plus de 4 heures dans la même chambre qu’un cas infecté ou colonisé alors qu’aucune mesure de prévention n’avait été mise en place lors de la prise en charge initiale de ce cas.

Le document du HCSP détaille plusieurs mesures portant sur le dépistage, le diagnostic microbiologique, la prise en charge thérapeutique, les mesures de contrôle de la diffusion. Le dépistage à l’admission en hôpital est recommandé uniquement chez un patient antérieurement identifié comme cas confirmé ou ayant été hospitalisé dans une zone, une région ou un établissement où une épidémie à C. auris est en cours (la carte est disponible dans le document du HCSP). 

Tout cas confirmé doit faire l’objet d’un signalement à l’équipe opérationnelle d’hygiène de l’établissement concerné, à l’ARS (Agence régionale de santé), au Centre d’appui pour la prévention des infections associées aux soins et au Centre national de références Mycoses invasives et antifongiques.