Cancers oropharyngés : des problématiques différentes dans le monde…

  • Clin Oncol (R Coll Radiol)

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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Épidémiologie des cancers oropharyngés

En Occident, il existe une recrudescence des cancers oropharyngés positifs au papillomavirus humain (HPV). Les pratiques de sexe oral contribueraient à ces évolutions. Des campagnes de vaccination concernant les deux sexes sont menées dans différents pays occidentaux et devraient porter leurs fruits dans plusieurs décennies. 

En Inde, les cancers oropharyngés concernent plus souvent les sujets entre 50-70 ans et seraient principalement le fait du tabagisme (non fumé) plutôt que de l’HPV.
Le cancer HPV-positif présente un meilleur pronostic par rapport au cancer oropharyngé HPV-négatif. Une publication de la revue Clinical oncology revient sur les caractéristiques de ces cancers, leur pronostic et leur prise en charge. 

Pronostic des cancers oropharyngés HPV-positifs ou HPV-négatifs

La biologie et la réponse aux traitements des cancers oropharyngés HPV-positifs et HPV-négatifs sont assez différentes. Selon une étude indienne, un statut de performance médiocre, le tabagisme, la présence de plusieurs nodules lymphatiques ou des nodules de plus de 3 cm seraient des facteurs pronostics négatifs. Le traitement de référence pour les cancers localement avancés de la tête et du cou reste l’association du cisplatine et de la radiothérapie, bien que cette prise en charge soit assortie de toxicités aiguës et tardives importantes. Des études ont évalué si l’association cetuximab-radiothérapie pourrait remplacer l’association cisplatine-radiothérapie dans les cancer HPV-positifs, mais la non-infériorité n’a pu être démontrée. D’autres stratégies de désescalade thérapeutique sont en cours d’évaluation mais leur éventuel avantage ne doit pas se faire au détriment de récidives locales plus importantes. 

Les sujets porteurs d’un cancer oropharyngé HPV-négatif des pays comme l’Inde pourraient avoir besoin quant à eux de stratégies thérapeutiques plus intensives par rapport aux pays où le cancer oropharyngé est plus souvent HPV-positif. 

Perspectives de recherche

Il existe peu d’essais cliniques explorant spécifiquement les stratégies thérapeutiques des pays comme l'Inde, et leur représentation dans les études menées en Occident est globalement faible. Des essais seraient utiles pour tenir compte des particularités de ce cancer dans des pays comme l'Inde. Mais les financements des essais cliniques sont souvent difficiles à obtenir et les essais collaboratifs internationaux multicentriques malheureusement peu nombreux.