Cancers induits par certains HPV et prévention par la vaccination


  • Marie Torre
  • Actualités Médicales
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La couverture vaccinale contre les papillomavirus humains (HPV) demeure en France une des plus faibles d’Europe, avec seulement 24% des jeunes filles de 16 ans vaccinées (1,2). Pourtant, les HPV sont liés à plus de 6.300 cancers chaque année, dont 2.900 du col de l’utérus (2,3). Dans des pays comme l’Australie où la couverture vaccinale est de 80%, l’éradication du cancer du col de l’utérus comme problème de santé publique est maintenant envisagée. (3) Quels sont les freins à la vaccination contre les HPV en France ? Pourquoi se priver d’un moyen de lutte contre les cancers induits par certains HPV ?

 

Manque d’information et fausses croyances

La vaccination contre les HPV reste souvent méconnue, avec en bruit de fond des doutes sur sa tolérance, dans un contexte général de défiance envers toute vaccination. (4) Dans une étude réalisée auprès de 2.500 parents et jeunes filles en France en 2016, 15% n’avaient jamais entendu parler de la vaccination anti-HPV. Parmi les personnes en ayant connaissance, une sur deux estimait que le vaccin était susceptible de provoquer des effets indésirables graves.

Pourtant, les vaccins contre les HPV bénéficient d’un recul d’utilisation de plus de 10 ans et de 270 millions de doses administrées dans le monde. (5) Plusieurs études de grande ampleur ont été conduites au Royaume-Uni (10,4 millions de doses administrées), aux Etats-Unis (60 millions de doses) et en France (2,2 millions de jeunes filles). (6) Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), aucun lien n’a été établi entre la vaccination et la survenue d’une maladie auto-immune (sclérose en plaque, syndrome de Guillain-Barré…).

 

Freins spécifiques aux conditions de vaccination

Certains freins à la vaccination contre les HPV sont liés aux conditions de vaccination. (4) Ainsi, la vaccination s’adresse à des filles jeunes avant le début de leur vie sexuelle, ce qui peut être difficile à aborder pour certains médecins ou parents. De même pour les garçons ayant des relations sexuelles avec des garçons.

Autre obstacle, cette vaccination est recommandée mais non obligatoire, à un âge où il n’y a pas de visite obligatoire chez le médecin. Le nouveau calendrier des examens médicaux obligatoires jusqu’à l’âge de 18 ans pourrait corriger cela.

En pratique, le vaccin n’est remboursé qu’à hauteur de 65% par la Sécurité sociale, le restant à charge pouvant représenter un frein à la vaccination. A noter, il n’y a pas d’avance de frais dans les centres de vaccination publics, les centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd), les centres de planification familiale ou pour les personnes bénéficiant de la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). (5,7)

 

Défaut de prise en charge

L’absence d’intervention en milieu scolaire contribue également à la faible couverture vaccinale en France. Dans un pays comme le Royaume-Uni, la vaccination systématique en milieu scolaire a joué un rôle déterminant pour atteindre aujourd’hui une couverture vaccinale de 86%. (1,8)

En consultation, la vaccination anti-HPV n’est proposée qu’à près de la moitié des jeunes femmes et des parents. (4) Pourtant, les médecins restent la première source d’information des patients. L’un des facteurs favorisant la vaccination contre les HPV est d’être suivi par un médecin généraliste favorable à la vaccination. (9)