Cancers épidermoïdes de l’oropharynx : un rôle prépondérant pour l’HPV

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Ces dernières années, l'épidémiologie des cancers épidermoïdes de la tête et du cou (CETC) a été profondément modifiée, tant aux USA que dans d'autres pays. On a notamment observé une augmentation drastique des cancers épidermoïdes de l'oropharynx (CEOP) parmi les hommes de blancs de moins de 60 ans alors que leur incidence tendait à diminuer chez les femmes, les sujets âgés, les Noirs et qu'elle restait stable chez les Africains et les Hispaniques. Cette hausse notable chez les hommes blancs a été le fait d'un risque accru d'infection par le papillomavirus humain (HPV), principalement de type 16. La prévalence exacte et le rôle étiologique précis de ce virus, en dehors des tumeurs de l'oropharynx (OP) restent à préciser.

Une étude a donc été entreprise, afin de clarifier l'impact de l'HPV dans les CETC, notamment chez les femmes et les sujets non blancs et pour d'autres sites anatomiques que l'OP. Il s'agit d'un travail rétrospectif, mené sur la période 1995 à 2012, émanant de 2 centres universitaires tertiaires du Maryland et de Californie. Un registre des cancers a permis d'identifier tous les cancers épidermoïdes de l'OP, de la cavité orale, du nasopharynx et du larynx. Dans le même temps étaient recueillies des données sociodémographiques (âge, sexe, origine ethnique, consommation d'alcool et de tabac vie entière...) et des précisions sur le site et les caractéristiques de la tumeur, notamment sa situation éventuelle dans une zone proche de l'OP, telle que la partie postérieure de la langue, le trigone ou l'épiglotte.

Augmentation drastique de prévalence des cancers de l'oropharynx liés à HPV 16 en deux décennies, chez les hommes comme chez les femmes

Sur un collectif initial de 1 345 patients, dont 481 femmes, 863 (64 %) avaient des prélèvements anatomopathologiques adéquats, et étaient donc éligibles à l'étude et à l'analyse des marqueurs liés à l'HPV. Cette dernière a été réalisée dans des laboratoires centralisés, selon un algorithme comportant une analyse immuno histochimique p16, une hybridation in situ (ISH) de l'ADN HPV16 et une ISH du mARN HPV E6/E7, à haut risque. L'expression de p16 était retenue positive quand était forte, tant au niveau nucléaire que cytoplasmique, dans au moins 70 % de la tumeur. La prévalence des positivités p16 et ISH en fonction du site tumoral, du sexe, de la race a été précisées ainsi que la sensibilité, la spécificité, les valeurs prédictives positive et négative du statut p16 vs le statut ISH.

La cohorte des 863 CETC inclut 240 cancers de l'OP, 253 de la cavité orale, 245 cancers du larynx et 125 du naso pharynx. IL y a 64 % (n = 551) d'hommes, 36,7 % de Blancs, 32,2 % de Noirs, 19,6 % d'Asiatiques et 11,5 % d'Hispaniques. L'âge moyen est de 58 ans (intervalle interquartile : 51- 68 ans). La majorité des patients avait une histoire ancienne d'intoxication alcoolo tabagique. Il a été retrouvé une proportion plus importante de non-fumeurs (36 % vs 6 %, p< 0,001) et de non buveurs (34 vs 9 %, p< 0,001) dans les CEOP ISH positif, pareille différence n'étant pas observée dans les CE d'autres localisations.

Tous les groupes ethniques sont concernés sauf les Noirs

Parmi les 240 CEOP diagnostiqués entre 1995 et 2012, 60 % étaient p16 positif, 48 % étaient HPV16 DNA ISH positif et 56 % l'étaient pour ISH positif tout type d'HPV oncogénique. Alors qu'un fort pourcentage de positivité p16 était retrouvée chez les Blancs (71 %), les Asiatiques (86 %) et les H...