Cancers du sein, du côlon et du rectum : majoritairement diagnostiqués à un stade précoce


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Santé publique France, l’Institut national du cancer (INCa), le Réseau français des registres des cancers (réseau Francim) et le Service de biostatistique des Hospices civils de Lyon (HCL) viennent de publier la première estimation nationale de la répartition des stades au diagnostic des cancers du sein, du côlon et du rectum. Leur rapport est le premier volet d’une étude plus large concernant les cancers les plus fréquents en France. Il sera complété fin 2018 par des résultats portant sur le mélanome cutané, les cancers de la prostate et de la thyroïde et en 2019, sur le cancer du col de l’utérus.

Exploitant les données recueillies en France métropolitaine entre 2009 et 2012 par les registres du cancer, il utilise un nouvel indicateur : le stade au diagnostic. Le but est d’affiner les données de pronostic en fonction du degré d’extension de la maladie.

Cancers du sein

Seul un cancer du sein sur dix est diagnostiqué à un stade avancé. Six sur dix le sont à un stade précoce (extension locale) et trois sur dix à un stade intermédiaire (extension régionale). Les cancers précoces sont diagnostiqués plus fréquemment chez les 50-74 ans, qui est la classe d’âge cible du dépistage organisé. Les cancers sont diagnostiqués à un stade précoce chez les deux tiers des 50-74 ans, chez 59% des moins de 50 ans et chez 42% des plus de 74 ans. Les cancers les plus avancés sont diagnostiqués plus fréquemment chez les femmes de plus de 74 ans. Pour mémoire, par an, il y a 52.000 nouveaux cas de cancer du sein, responsable de 12.000 décès.

Cancers du côlon et du rectum

Les cancers du côlon et du rectum ont une incidence annuelle de 45.000 cas et sont responsables de 15.000 décès par an. Ils sont rares avant 50 ans.

Parmi les patients atteints d’un cancer du côlon, 44% présentent un cancer à un stade précoce et un tiers à un stade avancé. Cette répartition varie avec l’âge : les cancers diagnostiqués à un stade précoce sont plus fréquents chez les 40-74 ans (48%) alors que ceux de stade avancé le sont davantage chez les moins de 40 ans (38%) et les plus de 74 ans (37%). Ces résultats sont similaires pour chaque sexe.

La répartition des stades au diagnostic des cancers du rectum est comparable à celle des cancers du côlon. Cette répartition varie également avec l’âge également : plus d’un cancer sur deux est diagnostiqué à un stade précoce chez les 15-39 ans (57%) et les 50-74 ans (51%). Les cancers diagnostiqués à un stade avancé sont plus fréquents chez les plus de 74 ans (42%). Ces résultats sont similaires pour chaque sexe.

En conclusion , pour ces trois cancers, le diagnostic est majoritairement posé à un stade précoce chez les 40-74 ans, inclus dans la cible des dépistages organisés, et à un stade avancé chez les 75 ans et plus. Pour les cancers du côlon et du rectum, il y a peu de différence de répartition selon les stades entre les femmes et les hommes.