Cancérogénicité des fumées de soudage : résultats d’une méta-analyse

  • Occup Environ Med

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir 

Les résultats de cette méta-analyse viennent confirmer et compléter les données d’une récente revue systématique qualitative mettant en évidence l’association entre la profession de soudeur et le risque de cancer du poumon. Ainsi, le risque de cancer du poumon serait augmenté chez les individus soumis aux fumées de soudage quel que soit le type de métal ou la méthode de soudure, et indépendamment de l’exposition conjointe au tabac ou à l’amiante. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La fumée de soudage est classée comme agent cancérogène de catégorie 1 depuis mars 20171, par le centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Cette méta-analyse présente l’intérêt d’avoir pris en compte l’exposition à des facteurs confondants tels que l’amiante ou le tabac.

Méthodologie

Une analyse de la littérature a permis de mettre en évidence 45 études pertinentes (cas-témoins, cas-témoins nichés dans une cohorte, ou suivi de cohorte) ayant évalué le risque de cancer du poumon chez des sujets exposés aux fumées de soudage représentant plus de 16 millions de participants.

Principaux résultats

  • Le ratio de risque estimé de cancer du poumon était augmenté de 43% chez les individus exposés aux fumées de soudage versus ceux qui ne l’étaient pas (1,43 [1,31-1,55], I2=54,6%, n=37 études) ; et de +17% pour les études qui tenaient compte d’un ajustement au tabagisme et de l’exposition à l’amiante (1,17 [1,04-1,38], I2=41, 2%, 8 études).
  • Les soudeurs d’acier doux ou d’acier inoxydable étaient exposés à la même magnitude de surrisque de cancer du poumon (respectivement RR 1,44 [1,07-1,95, I2 =63,8%, n=3) et 1,38 [0,89-2,13], I2= 68,1%).
  • Le surrisque était présent quelle que soit la technique utilisée, mais son amplitude variait : +71% pour la soudure exclusivement au gaz et +36% pour la soudure exclusivement à l’arc électrique.

Principales limitations

Cette méta-analyse n’a pas permis de quantifier le risque en fonction du niveau d’exposition ce qui peut être utile pour mettre en place des mesures préventives.