Cancer œsophagien localement avancé : pertinence d’un PET/CT FDG intermédiaire ?

  • Arthritis Care Res (Hoboken)

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une intéressante étude française menée chez des patients souffrant de cancer de l’œsophage localement avancé, par des chercheurs du département de radiologie et oncologie de l’hôpital Saint Louis à Paris, vient d’être publiée dans la revue Digestive and Liver Disease. Elle montre qu’une réponse précoce à la radiochimiothérapie (RCT) mesurée par PET/CT FDG (tomographie par émissions de positrons au fluorodésoxyglucose) intermédiaire serait associée à une meilleure survie globale, une meilleure survie sans récidive et un meilleur contrôle local. Les auteurs invitent ainsi, les praticiens à tenir compte des résultats des PET/CT FDG intermédiaires en particulier chez les patients ayant une faible réponse métabolique et qui pourraient encore bénéficier d’une chirurgie.  

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La mortalité par cancer de l’œsophage représente la 6ème cause de mortalité par cancer. Si la résection chirurgicale complète est le traitement de référence en cas d’atteinte locale, cette stratégie n’est plus suffisante dans les formes avancées. Le suivi du traitement par PET/CT FDG pourrait permettre d’adapter plus rapidement la stratégie thérapeutique en cas de réponse insuffisante à la RCT. 

Méthodologie

Le PET/CT FDG permet de localiser les foyers pathologiques exprimant un métabolisme élevé. Cette imagerie métabolique est une aide au diagnostic, et permet aussi le bilan d’extension des tumeurs et leur surveillance. Les patients ayant un carcinome œsophagien confirmé par biopsie ont subi un PET/CT FDG avec évaluation de la valeur de fixation normalisée (SUV en anglais pour Standardized Uptake Value) qui est l’index le plus usuellement utilisé pour mesurer la fixation du FDG par PET. Les mesures ont été réalisées avant le traitement et durant la RCT. L’objectif de l’étude était de déterminer l’impact d’une diminution de la SUV durant la RCT sur la survie globale chez des patients souffrant de cancer de l’œsophage localement avancé.

Principaux résultats

Au total 116 patients ont été inclus dans les analyses (66,4% d’hommes ; âge médian 63 ans ; 70% de carcinome épidermoïde). Tous avaient bénéficié d’un premier PET/CT FDG avant traitement et d’un second durant la RCT (à la dose médiane 20 Gy pour ceux qui recevaient une thérapie néoadjuvante et 66 Gy pour ceux recevant un traitement définitif - 5FU-Cisplatine ou FOLFOX). Du fait notamment de la présence de comorbidités, de l’âge, de la perte de poids, seuls 36,2% des patients étaient en capacité de subir une chirurgie après RCT. Le suivi moyen était de 27 mois et la survie globale médiane de 21,7 mois (entre 1 et 3 ans pour respectivement 72% et 32% des individus). En analyse multivariée (incluant la classification TNM, la perte de poids à l’inclusion, la chirurgie et l’état général du patient), la chirurgie (p=0,007) et le stade T (p =0,023), mais pas l’état du patient, ont été corrélés à la survie globale.

À l’inclusion, la valeur SUVmax des tumeurs œsophagiennes primaires était de 13,6. Lors du PET/CT FDG intermédiaire réalisé à la dose moyenne de 21 Gy, la valeur moyen SUV était de 6,5. Une corrélation positive significative a pu être mise en évidence entre la réponse métabolique intermédiaire et la survie globale. En effet, la survie globale à 3 ans chez les bons répondeurs métaboliques était respectivement de 41%, 52% et 55% pour une diminution de la valeur seuil de SUVmax de 30, 50 et 70% (respectivement p=0,04, p=0,005 et p=0,01). La meilleure valeur seuil a été fixée à 50%. Ainsi, la survie à 3 ans des bons répondeurs était de 52% versus 20% chez les mauvais répondeurs (p=0,005).

Principales limitations

  • L’évaluation des variations de SUV a pu être impactée par l’inflammation post-radiation. 
  • Étude rétrospective.