Cancer : l’activité physique comme remède à la fatigue !

  • Cancer Med

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

La fatigue est l’un des effets indésirables les plus fréquent et pénible du cancer et de ses traitements. Les résultats de cette étude populationnelle montre que si près de 90% des individus pratiquaient une activité physique (AP) avant diagnostic de cancer, plus de 50% arrêteraient, diminueraient celle-ci, ou resteraient inactifs après. Les sujets peu ou pas actifs auraient un risque significativement plus élevé de présenter une fatigue sévère 2 ans après le diagnostic de cancer par rapport à ceux qui maintenaient ou augmentaient leur AP après le diagnostic.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La fatigue en lien avec le cancer semble liée à plusieurs caractéristiques, qu’elles soient contextuelles (statut marital, faible niveau de revenus), liées au patient (jeune âge, préexistence d’une fatigue, IMC élevé, sentiment de solitude pesante, anxiété, troubles du sommeil), à la tumeur (stade avancé) ou encore au traitement (intensité, type). Il était intéressant de mieux comprendre son impact sur la fatigue sévère en cas de cancer.

Méthodologie

Les données analysées proviennent de l’étude transversale « Vie après le cancer 2 » (VICAN 2), une étude multi-institutionnelle française. Les patients étaient interrogés deux ans après diagnostic d’un cancer. La fatigue sévère était définie par un score EORTC QLQ C30 ≥40. L’activité physique pratiquée avant le diagnostic était évaluée (actif/inactif) et après le diagnostic (augmentation/maintien de l’AP ou diminution de l’AP/maintien de l’inactivité).

Principaux résultats

Sur les 1.984 patients inclus, tous souffraient d’un cancer à diagnostic précoce (61,1% de cancer du sein, 21,5% de cancer de la prostate et 17,4% de cancer colorectal). L’âge médian de la cohorte était de 52 ans. Sur l’ensemble de la cohorte, 91% avaient subi une chirurgie, 45,4% une chimiothérapie, 64,2% une radiothérapie et 46% avaient reçu ou étaient toujours sous thérapie endocrinienne.

La plupart des sujets (87,7%) étaient physiquement actifs avant le diagnostic de cancer. Au total, 45,9% des participants ont augmenté ou maintenu leur AP après le diagnostic de cancer, alors que 53,3% ont rapporté l’avoir diminué, arrêté ou ne jamais avoir pratiqué d’AP après le diagnostic.

Au total, 52% des patients rapportaient un état de fatigue sévère 2 ans après le diagnostic. La pratique d’une activité physique avant le diagnostic n’avait pas d’impact sur la fatigue sévère à 2 ans post-diagnostic. En revanche, le taux de fatigue sévère était plus important chez les patients qui avaient diminué leur AP ou étaient restés inactifs après le diagnostic de cancer par rapport à ceux qui avaient maintenu leur niveau d’AP ou augmenté celui-ci (62,9% vs 38,9%, odds ratio ajusté 2,32 [1,85-2,90]).

Certaines caractéristiques liées à la cohorte se sont cependant révélées être associées à la fatigue sévère, notamment l’âge, la présence de comorbidités et la douleur. De même les sujets ayant reçu une radiothérapie rapportaient un taux de fatigue sévère plus élevé que les autres.