Cancer inflammatoire du sein : des taux élevés d’acide palmitique ont été retrouvés au niveau mammaire …

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  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude rétrospective française montre une différence significative dans le profil lipidique des tissus mammaires en cas de cancer inflammatoire du sein par rapport à d'autres sous-types de cancer du sein. Une tendance à l’augmentation des taux d’acides gras saturés, avec une véritable différence significative en ce qui concerne spécifiquement l’acide palmitique a été mise en évidence en cas de cancer inflammatoire du sein. Un faible taux d’acide linolénique (LA) et d’acide eicosapentaénoïque (EPA) a également été mis en évidence. Ces données sont cohérentes avec celles de la littérature rapportant une augmentation de la mortalité par cancer du sein chez les femmes ayant une forte consommation de graisses saturés. Cependant, l’hypothèse d’un lien entre l’alimentation et les modifications des tissus mammaires nécessite d’être évaluée par des études prospectives.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Le cancer inflammatoire du sein représente 2 à 5% de l’ensemble des cas de cancer du sein. Il s’agit d’une forme rare de cancer du sein, mais particulièrement agressive (classée cT4d). Bien que le mécanisme physiopathologique sous-jacent ne soit pas encore très clair, le processus inflammatoire du cancer inflammatoire du sein pourrait être en lien avec les voies de régulation pro-inflammatoire et des cytokines pro-angiogéniques, et notamment la synthèse d’eicosanoïdes pro-inflammatoires et la surexpression de l’enzyme COX-2. D’où l’intérêt de cette étude.

Méthodologie

Cette étude rétrospective française a été menée à l’hôpital universitaire de Tours, et a inclus consécutivement 234 femmes traitées pour cancer du sein invasif entre 2009 et 2011. Des échantillons de tissus adipeux mammaires ont été prélevés et congelés pour être ensuite analysés par chromatographie gazeuse afin d’établir leur profil biochimique en acides gras.

Principaux résultats

Sur les 234 femmes incluses, 8,9% avaient un cancer inflammatoire du sein. S’il n’y avait pas de différence d’âge entre les femmes souffrant de cancer inflammatoire du sein et les femmes souffrant d’un autre type de cancer du sein, en revanche les premières avaient un IMC plus important (27,3 versus 25,3 kg/m2). 

Seulement 29% de la population présentait un cancer du sein hormonosensible, et les femmes souffrant de cancer inflammatoire du sein présentaient plus souvent un statut HER2-positif que les autres (38,1% versus 12,2%).

  • Globalement les taux d’acides gras saturés avaient tendance à être augmentés en cas de cancer inflammatoire (mais non significativement, p=0,09). L’augmentation était en revanche statistiquement significative pour les taux d’acide palmitique (+4,4%, p=0,007). 
  • Les taux en acides gras poly-insaturés (acide linolénique) et acide eicosapentanoïque quant à eux, étaient significativement diminués en cas de cancer inflammatoire du sein : respectivement -17% (p=0,009) et -25% (p=0,0003).

Aucune autre différence significative n’a été mise en évidence.