Cancer et activité physique : ça y est vous avez mis vos patients à l’activité physique ?

  • Cancer Epidemiol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

En France, en 2015, 2.373 cas de cancer diagnostiqués chez les adultes ont été attribués à une pratique insuffisante d’activité physique, soit 0,8% des cancers tous sites confondus. Trois cancers ont été plus spécifiquement analysés dans une étude récemment publiée dans la revue Cancer Epidemiology, le cancer du sein post-ménopausique, le cancer du corps utérin et le cancer du côlon. Ainsi, 6,0% de l’ensemble des cancers du corps utérin, 3,8% des cancers du sein post-ménopausiques et 3,6% des cancers du côlon seraient attribuables à une pratique insuffisante d’activité physique. Les auteurs précisent que si seulement la moitié de l’activité physique recommandée pouvait être atteinte par la population, plus de 1.000 cas de cancers pourraient être évités chaque année. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Il est admis qu’une activité physique insuffisante est un facteur de risque de co-morbidités multiples dont le cancer. Les effets préventifs de l’activité physique pourraient s’appuyer sur différents mécanismes, une modification des taux circulants de diverses hormones et facteurs de croissance (dont l’insuline, l’IGF-1), la réduction du risque d’obésité ou de surpoids, l’accélération du transit qui limiterait l’exposition de la muqueuse à certains agents cancérigènes, etc. L’impact tout particulier de l’activité physique sur le risque de cancer post-ménopausique (sein et endomètre) pourrait être lié à la diminution des taux d’œstrogène, à la stimulation de l’immunité et à la diminution de l’inflammation. Obtenir des données chiffrées sur la contribution d’une activité physique insuffisante sur le risque de cancer pourrait permettre aux praticiens d’avoir un discours plus important. D'où l'intérêt de ces résultats.

Méthodologie

La part des cancers attribuables à une activité physique insuffisante (

Principaux résultats

Moins de la moitié de la population française atteindrait le niveau recommandé d’activité physique (40 à 49% des hommes et 31 à 46% des femmes). À titre d’exemple, ils seraient 39,7%, 42,7% et 47,4% chez les hommes respectivement de 20-29 ans, 40-49 ans et 60-69 ans à pratiquer une activité physique >21 MET-h/semaine, et 31,3%, 39,5% et 39,3% pour les femmes pour les mêmes tranches d’âge. L’activité physique chuterait pour les deux sexes chez les individus de 70 ans et plus (41,5% des hommes et 30,6% des femmes atteindraient une activité physique suffisante dans cette tranche d’âge). 

En 2015, 2.973 cancers chez les adultes de 30 ans et plus en France ont pu être attribués à une pratique insuffisante d’activité physique. Parmi les 3 types de cancers évalués (sein post-ménopausique, corps utérin, côlon), 6,0% des cancers du corps utérin, 3,8% des cancers du sein post-ménopausiques et 3,6% des cancers du côlon seraient attribuables à une activité physique insuffisante. Au total, 2.973 cas de cancers (en ne considérant que ces 3 sites) seraient attribuables au manque d’activité physique, soit 0,8% de l’ensemble des cancers tous sites confondus (0,2% chez l’homme et 1,6% chez la femme).

Principales limitations

Cette étude probabiliste souffre de quelques limitations, à commencer par la mesure réelle de la pratique ou non d’une activité physique, et seuls les cancers du côlon, du sein et du corps utérin ont été considérés.

Financements

Étude financée par l’Institut National du Cancer.