Cancer épidermoïde de la tête et du cou : place de la radiothérapie locorégionale

  • Oral Oncol

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Une étude multicentrique rétrospective vient de montrer que la radiothérapie locorégionale serait réalisée chez 63% des patients souffrant de cancer épidermoïde de la tête et du cou      d'emblée métastatique (avant chimiothérapie, après chimiothérapie et qu’il y ait ou non réponse au traitement par chimiothérapie). L’usage de la radiothérapie locorégionale améliorait significativement la survie globale des patients présentant un cancer épidermoïde de la tête et du cou d’emblée métastatique.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Environ 10% des cancers épidermoïdes de la tête et du cou sont diagnostiqués au stade métastatique et 30% le deviendront après un traitement local de la maladie. Les métastases à distance impactent fortement le diagnostic et ne laissent que peu de chances de survie à cinq ans. En cas de carcinome épidermoïde récidivant ou métastatique, après un traitement de première ligne la survie sans progression de la maladie est d’environ 6 mois. Et quelle     que soit la présentation clinique lors de ces récidives ou métastases, les patients sont habituellement traités par chirurgie et/ou radiothérapie, alors que les patients diagnostiqués d’emblée au stade métastatique ne le sont pas. Il est donc intéressant d’évaluer l’intérêt de l’irradiation locorégionale chez des sujets souffrant de carcinome épidermoïde métastatique au diagnostic.

Méthodologie

Cette étude multicentrique rétrospective a inclus des patients souffrant de carcinome     épidermoïde de la tête et du cou (CETC) métastatique d’emblée, et traités par sels de platine-5FU-cétuximab entre 2008 et 2016. 

Principaux résultats

Au total, 65 patients ont été inclus dans les analyses. L’âge moyen était de 57 ans. L’indice moyen de Charlson était de 7. Parmi eux, 38% (n=25) répondaient au traitement par chimiothérapie ou avaient une maladie stable, et 63% (n=41) ont bénéficié d’une irradiation locorégionale, dont 5 avant la chimiothérapie (RT initiale), 13 avec une maladie stable ou après une réponse à la chimiothérapie (RT de consolidation) et 23 avec une maladie en progression. 

  • La survie médiane globale a été de 11,6 mois et la survie sans progression de la maladie de 7,9 mois, soit un hazard ratio pour la survie globale de 0,30 en analyse multivariée.
  • La survie globale était significativement augmentée chez les patients ayant      bénéficié d’une irradiation locorégionale (16,1 mois versus 7,5 mois, pvs 15,5 mois, p=0,11).
  • Chez les patients (n=13) ayant une maladie stable ou répondant à la chimiothérapie, la radiothérapie locorégionale n’apportait pas d’amélioration      significative sur la survie globale (OS médiane 22,1 mois versus 11,8 mois, p=0,21). 
  • Dans cette étude, l’irradiation a été réalisée à pleine dose dans 2 cas sur 3 malgré le fait que les patients aient été à un stade métastatique. L’utilisation de dose complètes ou réduites (palliative) n’a montré aucune différence significative sur la survie globale.

Principale limitation

Étude rétrospective.