Cancer du sein : une e-cohorte en vie réelle a évalué la qualité de vie des femmes traitées par hormonothérapie

  • Benoit L & al.
  • Clin Breast Cancer

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude a évalué la qualité de vie de patientes traitées par hormonothérapie pour cancer du sein au moyen de questionnaires de qualité de vie validés, via une e-cohorte. Cette étude montre que :

  • dans la vraie vie, après de multiples ajustements la qualité de vie ne serait impactée, ni par l’hormonothérapie globalement, ni par un type de traitement hormonal en particulier,
  • en revanche la qualité de vie serait fortement associée aux caractéristiques des patientes.

Les auteurs invitent à développer l’utilisation des e-cohortes pour moduler les conclusions des essais randomisés.

 

Pourquoi est-ce important ?

Le cancer du sein est le cancer féminin le plus fréquent (11,6%). Les traitements adjuvants des cancers du sein hormonodépendants peuvent induire des effets indésirables pouvant altérer significativement la qualité de vie des patientes. La majorité des données de qualité de vie actuellement disponibles proviennent des essais cliniques randomisés ou de populations bien spécifiques (jeunes, cancers précoces, …). Les e-cohortes présentent l’intérêt d’être associées à un meilleur taux de participation et à un meilleur suivi que les cohortes traditionnelles. En revanche, elles pourraient être moins représentatives de la population générale car les sujets sont souvent de catégories socio-économiques élevées.

 

Méthodologie

L’étude rétrospective, observationnelle a été menée via la plateforme Sentinelles à partir d’une e-cohorte, c’est à dire que les patientes ont été recrutées via Internet (réseaux sociaux, site Internet, …). Il s’agissait donc de volontaires. Des femmes traitées après 2005 en France pour cancer du sein non récidivant, non métastatique, avaient été invitées à répondre à des questionnaires de qualité de vie (QLQ-C30 et QLQ-BR23), ainsi qu’à des questions sur la tolérance des traitements reçus..

 

Principaux résultats

Sur les 1.198 patientes atteintes de cancer du sein (âge moyen 50,3 ans) incluses, 1.140 ont déclaré prendre une hormonothérapie à base de tamoxifène seul (37,7%), ou par approche séquentielle, tamoxifène puis inhibiteurs de l’aromatase (39,6%), inhibiteurs d’aromatase seuls (17,1%) ou agonistes de LH-RH (5,6%). 

Par rapport aux patientes qui recevaient un inhibiteur de l’aromatase ou un traitement séquentiel, celles qui recevaient du tamoxifène seul étaient globalement plus jeunes (46,3 ans en moyenne), avaient un niveau d’éducation plus élevé et étaient plus souvent non ménopausées. Les femmes sous tamoxifène seul avaient plus souvent subi une chirurgie conservatrice ou une reconstruction mammaire par rapport à celles sous inhibiteurs de l’aromatase. Les patientes sous tamoxifène seul avaient également plus souvent reçu une chimiothérapie que celles sous inhibiteurs de l’aromatase ou traitement séquentiel. 

Les analyses réalisées sur un groupe de femmes sous tamoxifène et un autre sous inhibiteurs de l’aromatase ont permis de mettre en évidence des profils de tolérance différents. En revanche, l’observance au traitement était similaire dans les deux groupes. En analyse multivariée, l’hormonothérapie n’avait pas d’impact sur la qualité de vie. Il a été noté également que le traitement par inhibiteurs de l’aromatase améliorait le travail et les loisirs, ainsi que les capacités cognitives et la constipation. Seul le fait d’appartenir à une catégorie socioéconomique élevée a été associée à un meilleur score de qualité de vie et à un meilleur score de santé globale. Après ajustement, les patientes de 35 à 50 ans étaient les seules à présenter des scores de santé globale significativement plus faibles. 

Principales limitations

Aucun questionnaire validé n’a été utilisé pour évaluer l’observance au traitement et les effets indésirables.