Cancer du sein : que sait-on des séquelles à long terme ?

  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales
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À retenir

Une étude française basée sur les données de l’enquête nationale « Vie après cancer » VICAN (janvier-juin 2010) a évalué les séquelles après un cancer du sein diagnostiqué à un stade précoce. Les résultats montrent que :

  • plus de 7 femmes sur 10 conservent des séquelles au moins cinq ans après le diagnostic ;
  • six types de séquelles sont plus souvent rapportés : fonctionnelles, douleur, psychologiques, fatigue, esthétiques, gynécologiques ;
  • les séquelles esthétiques et psychologiques persistent encore au moins cinq ans après le diagnostic altérant l’image corporelle et les activités de la vie quotidienne.

Méthodologie

Cette étude s’est intéressée à l’évolution des principales séquelles et du traitement deux et cinq ans après le diagnostic d’un cancer du sein identifié à un stade précoce. 

Principaux résultats

Au global 654 patientes ont été incluses dans l’étude (âge moyen 49,7 ans, IMC 24,7 kg/m2). La majorité était mariée (70%), avait des enfants (88%), avait un haut niveau d’étude (56%) et avait un emploi ou était en congés maladie au moment du diagnostic (72%).

Six principaux types de séquelles ont été identifiés deux et cinq ans après le diagnostic : séquelles fonctionnelles, esthétiques, psychologiques et gynécologiques, ainsi que la douleur et la fatigue.

Les traitements reçus parfois jusqu’à 5 ans étaient de la radiothérapie, de la chimiothérapie, de l’hormonothérapie (42% des femmes continuaient à recevoir ce traitement à 5 ans).

Deux ans après le diagnostic de cancer du sein :

  • 58% des femmes avaient un poids normal, la moitié avait maintenu ou augmenté leur activité physique, des chiffres qui restaient stables à 5 ans ;
  • 72% d’entre elles déclaraient toujours souffrir de séquelles du cancer du sein ; celles-ci étaient importantes pour 31% d’entre elles ; presqu’une femme sur deux ne recevait aucun traitement spécifique pour ces séquelles.

Cinq ans après le diagnostic de cancer du sein :

  • la proportion de femmes souffrant de séquelles restait stable ; 
  • une diminution significative de la fatigue pouvait être constatée (16% vs 12%), mais une augmentation des séquelles cognitives (2% vs 4%). Les femmes qui se plaignaient de douleurs avaient également souvent des séquelles fonctionnelles associées, alors que celles qui se plaignaient de séquelles psychologiques éprouvaient souvent de la fatigue et des séquelles esthétiques.
  • Les autres séquelles restaient stables.

Deux types de séquelles latentes ont été identifiés, les séquelles esthétiques et fonctionnelles. Les femmes qui souffraient de séquelles esthétiques étaient plus souvent des femmes âgées.