Cancer du sein : le choix parfois injustifié de la mastectomie bilatérale

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La résolution prise par l'actrice Angélina Jolie de se faire retirer les 2 seins puis les ovaires (alors qu'elle n'avait pas de cancer, mais une mutation du gène BRCA1 et 3 membres de sa famille maternelle porteuses de cancer) a braqué sur cette question le phare de l'actualité. Sa décision était pertinente et on a calculé qu'elle a ainsi réduit de 50 % le risque de survenue d'un cancer. Mais entre 2003 et 2010 le pourcentage de femmes opérées d'un cancer du sein (KS) et qui ont réclamé l'ablation du sein controlatéral est passé de 9 à 24 % ; or, il n'y a pas d'argument scientifique pour préconiser l'ablation du sein sain en l'absence de mutation génique.

Ce sont les femmes blanches, jeunes, au niveau socioculturel le plus élevé, qui forment le contingent le plus dense des candidates à la mastectomie bilatérale (MB) dès qu'elles se savent porteuses d'un KS, fût-il in situ ! Et pourtant, en l'absence de mutation du gène BRCA ou d'antécédents familiaux, le risque d'un KS controlatéral dans les 10 ans ne dépasse pas 5 %. Pourquoi donc des femmes éduquées recourent-elles à une mutilation qui ne figure pas dans les directives cancérologiques actuelles ? Réaction émotionnelle, mauvaise compréhension des recommandations de leur praticien ou de relations o...