Cancer du sein : impact des acides gras trans…

  • Nathalie Barrès
  • Actualités Médicales
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À retenir

Une étude portant sur une large population (318.000 femmes et plus de 13.000 cas de cancer du sein) suggère :

  • Une augmentation de 14% du risque de cancer du sein entre les femmes qui consomment le plus d’acides gras trans industriels et celles qui en consomment le moins.
  • Une augmentation inattendue de 9% du risque de cancer du sein chez les femmes qui consomment beaucoup d’acides gras trans issus de la viande et des produits laitiers dérivés des ruminants (acides gras trans naturels). Ces données nécessitent d’autres investigations.

Pourquoi ces données sont-elles intéressantes ?

Une étude récente avait suggéré une association positive entre les apports en acides gras trans et le risque accru de cancer du sein à récepteurs estrogènes négatifs, mais pas du risque global de cancer du sein. Il était donc intéressant de s’y intéresser à partir d’une étude puissante. Les résultats concernant les acides gras trans naturels sont étonnants, Des investigations sont encore nécessaires sur ce point.

Méthodologie

L’étude EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) a recherché l’existence d’une relation entre l’apport en acides gras trans via l’alimentation (industriels ou non) et le risque de cancer du sein à partir d’une population de 318.607 femmes recrutées dans différents pays européens. Les acides gras trans industriels et les acides gras trans issus des ruminants (source laitière et carnée) ont été évalués. Les données ont été ajustées à d’autres facteurs de risque de cancer du sein.

Résultats

Les femmes qui ont développé un cancer du sein étaient plus âgées, plus souvent ménopausées, consommaient plus souvent de l’alcool, étaient moins actives physiquement et prenaient plus souvent un traitement hormonal de la ménopause que les autres. Sur un suivi médian de 8,1 ans, 13.241 cas de cancer du sein ont été identifiés. 

  • Après ajustement, les analyses ont montré une augmentation du risque de cancer du sein de 14% pour les femmes dont l’alimentation était la plus chargée en acides gras trans (tous types confondus) par rapport à celles qui en consommaient le moins (hazard ratio 1,14, ptendance = 0,001). 
  • Le risque de cancer du sein était également augmenté de 14% (p=0,001) entre les femmes dont l’alimentation était la plus chargée en acides gras trans industriels (tous types confondus) et celles dont l’alimentation en contenait le moins. L’augmentation significative du risque apparaissait dès une consommation ≥0,54 g/j. Des analyses par sous-types d’acides gras trans industriels ont montré une association similaire acide élaïdique (+14%, p=0,001).
  • Le risque de cancer du sein était également augmenté (+9%, p=0,015) chez les femmes qui consommaient le plus de produits apportant des acides gras trans issus du règne animal par rapport à celles qui en consommaient le moins. 

Limitations

Les consommations alimentaires n’ont été mesurées qu’à l’inclusion dans l’étude et peuvent de fait ne pas forcément refléter la consommation alimentaire dans le temps.