Cancer du sein : faut-il relancer une réflexion sur les indications du bilan d’extension ?


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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Plusieurs experts de l’Institut Curie ont publié un article dans Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie invitant à réfléchir sur les indications du bilan d’extension du cancer du sein et sur son impact médico-économique.

En France métropolitaine, 58.968 nouveaux cas de cancer du sein et 11.883 décès ont été répertoriés en 2017. Ces chiffres placent ce cancer au premier rang des cancers chez la femme. Le dépistage systématique contribue à diagnostiquer 90% des cancers du sein chez les femmes asymptomatiques. Environ 4 à 6% des femmes nouvellement diagnostiquées seraient d’emblée métastatiques. L’évaluation précise de l’atteinte et de l’extension de ce cancer est essentielle pour une prise en charge optimisée. 

Que disent les recommandations de l’INCa 2012 :

  • Les bilans d’extension sont indiqués en fonction de la classification TNM clinique et radiologique locorégionale du cancer du sein. Les femmes classées cT2/cT4 et/ou cN+/pN+ sont éligibles à un bilan d’extension qu’elles soient ou non sous traitement néo-adjuvant. Un point d’appel clinique ou biologique évoquant une localisation viscérale à distance constitue également une indication à ce bilan d’extension.
  • L’INCa ne souhaite pas élargir l’indication du bilan d’extension à d’autres patientes asymptomatiques par manque d’étude sur la prise en charge précoce des métastases sur l’évolution de la maladie.

En pratique que ce passe-t-il ?

  • De nouveaux traitements ont fait leur apparition depuis 2012 et apportent une amélioration du pronostic chez certaines patientes métastatiques. 
  • En pratique, la plupart des équipes élargissent les indications du bilan d’extension pour prendre en compte les sous-types plus péjoratifs de cancer du sein et prescrivent un bilan d’extension dès l’indication d’une chimiothérapie adjuvante, et même parfois au-delà (cancer du sein cT1/cTN2, cN0 RH positif, HER2 négatif).
  • Une étude prospective multicentrique (OPTISOIN01) a mis en évidence que près de 50% des femmes ayant un cancer du sein de stade précoce avaient eu au moins un examen parmi les suivants : PET-TDM, TDM thoraco-abdominopelvien, scintigraphie osseuse, radiographie pulmonaire et échographie abdominopelvienne.

Quelle solution ?

  • Les auteurs appellent à une réflexion sur les indications du bilan d’extension et à son impact médico-économique.
  • Des données notamment en vie réelle issues du système national de données de santé et des cohortes comme ESME pourraient aider à la réflexion sur le sujet.