Cancer du poumon : quand le poids fait la différence sur la survie


  • Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Des chercheurs et cliniciens français ont évalué l’influence d’un faible IMC et d’une faible masse musculaire sur la survie à long terme de patients atteints de cancer pulmonaire non à petites cellules après résection majeure. 

Les analyses ont montré que :

  • L’IMC était un facteur de survie indépendant de l’évolution de la maladie. 
  • Un IMC >25kg/mavant la chirurgie augmentait significativement la survie à 5 ans de 10% par rapport à un IMC 2.
  • Un IMC élevé ou normal avant la maladie influençait positivement l’évolution du patient alors qu’un IMC faible, une perte de poids ou une faible masse musculaire l’impactaient négativement.

Ces résultats montrent que les réserves corporelles sont des éléments essentiels de pronostic vital des patients souffrant de cancer bronchique non à petites cellules et qu’il est important de mettre en place le plus tôt possible des stratégies nutritionnelles et d’activités physiques adaptées.

Quelles hypothèses derrière ces résultats ?

Ces données confortent la théorie du « paradoxe de l’obésité » décrite dans la littérature pour les sujets souffrant de cancer du poumon. Cette théorie s’appliquerait seulement à certains types de cancer dont celui-ci, et associerait un moindre risque de développer la maladie et une meilleure survie en cas de maladie aux sujets ayant un IMC élevé. Selon les experts, l’accumulation des hydrocarbures aromatiques polycycliques pourraient se faire préférentiellement dans les cellules des tissus lipidiques lorsque l’IMC est élevé qu’au niveau pulmonaire, limitant ainsi le développement du cancer.  

Principaux résultats

Au total 304 patients ont été inclus consécutivement. L’IMC médian avant la maladie était semblable à celui de l’IMC médian de la population française (24,9 kg/m2). Avant la maladie et avant la chirurgie, ils étaient respectivement 3,8% et 7,4% à être en sous-poids, 46,1% et 50,3% à avoir un poids normal, 34,6% et 27,9% à être en surpoids et 12,8% et 11,8% à être obèses. Au cours du suivi, 5,2% des individus ont perdu du poids et 44,4% en ont pris. Un IMC >25kg/métait plus souvent associé au sexe masculin, à l’âge avancé et à un faible stade de maladie. Une faible masse musculaire était plus fréquemment associée à un IMC 2.

La survie médiane était de 52 mois, et le taux de survie à 3, 5 et 7 ans de l’ensemble de la population était respectivement de 57,9%, 46,5% et 38,4%. En analyses multivariées (ajustées à l’âge, au score ASA, à l’étendue de la résection, au stade de la maladie), trois modèles ont confirmé qu’un IMC élevé avant la maladie, un IMC élevé avant la chirurgie et la présence d’une masse musculaire a minimanormale, étaient associés à un meilleur pronostic. Par rapport aux individus qui avaient un IMC 2 avant la maladie, ceux qui avaient un IMC au-dessus de ce seuil avaient une survie significativement plus élevée à 5 ans : 42,2% vs 53,3% (p=0,023).

Principales limitations

Des données peuvent avoir été égarées par la méthodologie d’analyse rétrospective de données collectées prospectivement.